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Stéphane Aboutoihi, Stéphane Aboutoihi : « Faire du football un vecteur de progrès à tous les niveaux »

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Stéphane Aboutoihi : « Faire du football un vecteur de progrès à tous les niveaux »

Fraîchement nommé nouveau Secrétaire Général de la Fédération de Football des Comores (FFC), Stéphane Aboutoihi a pris son bâton de pèlerin et s’est mis au service du football comorien. De retour à l’instance faîtière, l’ancien Directeur Technique National se veut ambitieux, réformateur et porteur d’un nouveau projet de développement pour le football des Comores. En exclusivité pour Comoros Football 269, le nouvel administrateur de Moroni-Oasis expose sa vision du football et son projet pour les quatre prochaines années.

Monsieur le Secrétaire Général, on vous connaît comme étant un technicien, un éducateur et homme de terrain. Qu’est-ce qui a motivé votre candidature pour ce poste plutôt que dans d’autres fonctions plus techniques ?

Ce qui m’a motivé aujourd’hui à être candidat pour le poste de Secrétaire Général est ce dont j’ai pu accomplir dans ma précédente fonction. Quand j’étais Directeur Technique National, notre politique était basée sur la formation. Avec le titre de Champions de l’Océan Indien (U17 aux CJSOI 2014, ndlr) où l’on a battu Maurice et Madagascar, on a prouvé qu’on était capables de faire un travail de qualité au niveau de la formation des jeunes. On a montré également qu’on était capables de former des entraîneurs. On a mis en place pas moins de deux diplômes. La Licence C CAF et la Licence D qui est un diplôme fédéral. Techniquement, je pense qu’on a fait des choses très intéressantes. J’étais satisfait de mon passage en tant que DTN.

J’ai fait après six ans en tant que Directeur commercial, marketing et communication au sein de l’opérateur télécom Telma Comores (Groupe Axian, ndlr). J’ai acquis une expertise en termes de création de revenues, de communication, marketing et aussi de management. Aujourd’hui quand tu combines des connaissances techniques, commerciales, communication sur les résultats de ton organisation, management d’équipe et administrative, je pense que ces connaissances à 360 degrés d’une institution ont fait que j’étais le candidat qui a été retenu. C’est une grande fierté et une grande joie, après six ans dans les télécoms, de pouvoir servir de nouveau le football comorien. Et par la même occasion, servir mon pays.

Vous êtes un fin connaisseur du football local pour avoir occupé diverses fonctions, en clubs et au sein de la fédération. Quel projet portez-vous cette fois pour le football comorien ?

Tout d’abord, j’ai signé quatre ans avec la Fédération de Football des Comores. J’ai un mois de préavis vis-à-vis de mon employeur (Telma Comores, ndlr) et je souhaite rester loyal. J’ai toujours respecté mon contrat. Ma prise de fonction de manière effective se fera à partir du 17 juin. La stratégie aujourd’hui de la fédération est claire. C’est faire du football un véritable vecteur de progrès à tous les niveaux. Un vecteur de progrès social à travers l’éducation des jeunes, de véhiculer des valeurs de respect, de fair-play, d’unité, de paix et de cohésion sociale. Le football doit être un vecteur de développement de la jeunesse. À travers la détection des meilleurs jeunes et un encadrement de qualité dans des structures adaptées qui puissent permettre à chacun de progresser à son niveau. Pour les meilleurs, de jouer dans les championnats d’élite ou de s’expatrier vers des championnats plus huppés. Et pour les autres joueurs, d’alimenter nos compétitions avec des joueurs de qualité, formés sur des standards internationaux. Capables de jouer des deux pieds, plus vite et agréable à voir.

Stéphane Aboutoihi, Stéphane Aboutoihi : « Faire du football un vecteur de progrès à tous les niveaux »
Stéphane Aboutoihi et le Président de la FFC Saïd Ali Saïd Athouman à la signature du contrat du nouveau Secrétaire Général, mercredi 19 mai à Moroni-Oasis

Faire également du football un vecteur de progrès économique à travers des synergies que l’on peut mettre en place. Une synergie sportive, sociale, économique et humanitaire autour du ballon rond. Avec l’Office National du Tourisme et d’autres partenaires que l’on souhaite mettre dans les meilleures conditions en leurs offrant un maximum de visibilité. Le ballon en soi est un moyen de communication qui passionne des milliers de Comoriens. Localement et au niveau de la diaspora. On souhaite l’utiliser pour réunir tous les Comoriens et pouvoir relever le défi du développement. Faire en sorte que le football puisse contribuer pleinement au rayonnement des Comores aussi bien au niveau africain qu’à l’international.

Les nouveaux statuts de la FFC confèrent plus de pouvoirs au Secrétaire Général qui a désormais la charge de l’administration de l’institution. Une administration qui pose souvent des problèmes d’organisation. Que devrions-nous y attendre dans ce domaine sur les quatre prochaines années ?

Effectivement, le nouveau Secrétaire Général a vraiment la latitude pour pouvoir mettre en place une organisation qui permette de se mettre au service du football comorien. De se mettre à 100% au service des sélections nationales et qui puisse permettre un rayonnement du football local à l’international. Aujourd’hui je crois que le premier point c’est d’aller à la rencontre des acteurs du football à Mwali, Ngazidja et Ndzuani. Comprendre leurs différentes attentes, leurs besoins et en suite mettre en place un organigramme qui puisse permettre d’associer l’ensemble des acteurs. Mettre en face de chaque besoin un interlocuteur et pouvoir recueillir doléances et besoins. Avoir des réunions hebdomadaires des employés de la fédération. Que l’on puisse d’abord faire le point sur les actions menées dans la semaine. Ensuite de voir les actions qui n’ont pas pu être menées et déceler les différents points de blocage. Et enfin, de travailler pour que finalement l’on puisse réaliser toutes les missions qu’attendent de nous les acteurs du football comorien à la perfection.

Il s’agit pour le Secrétaire Général, qui a un pouvoir élargi, de mettre à la disposition du personnel de la fédération les meilleures conditions possibles. En termes de visioconférence pour leur permettre d’être en contact avec Mwali et Ndzuani, en termes de conditions de travail et de confort. Après, bien sûr on attend à chacun, une fois qu’ils ont cette liberté et ses conditions optimales, de pouvoir répondre à leurs contrats de travail qui leurs fixent des objectifs. Le Comité Exécutif, le Président et l’ensemble des acteurs du football attendent d’eux des résultats significatifs. On se fera un plaisir de continuer de leurs mettre à disposition les meilleures conditions pour monter en compétences. On souhaite rassembler tout le monde mais il est important que le personnel sache que notre mission principale est de nous mettre au service du football comorien.

Dans votre politique de restructuration de l’appareil administratif de la FFC, quelle politique sera aussi mise en place pour inciter à des réformes au sein de l’administration des clubs ?

Je crois c’est l’essence même qui a conduit la commission des experts FIFA et locaux à choisir le profil de Stéphane Aboutoihi comme le meilleur pour aider le football comorien. Ils cherchaient un professionnel, une ressource qui puisse se mettre au service du football. Et là on parle des clubs, permettre à ces acteurs du football de monter en compétences. La première mission est d’avoir des formations d’administrateurs, des formations de commissaires, des mis à jour et des recyclages. On pense souvent à l’agent quand on met en place un projet. Mais l’argent ne fait pas la réussite d’un projet. Ce qui fait véritablement la réussite d’un projet c’est l’expertise.

Aujourd’hui, je souhaite partager toute l’expertise acquise en tant que DTN et mon expérience chez Telma Comores qui fait de l’expertise et le partage des connaissances un levier pour l’Afrique. Notre continent regorge de talents et de ressources mais le véritable défi est de former. Permettre à ce que les administrations aient un niveau d’expertise qui correspond aux standards internationaux. Pour les clubs, on leurs réserve véritablement un grand espace dans notre politique. Nous serons proches d’eux et les accompagnerons sur la formation, la gestion financière, marketing et communication et la gestion administrative. Leur fournir un programme de création de revenues. Je souhaite dédier un poste de chef de projet pour véritablement accompagner les clubs. Pour qu’ils aient un interlocuteur privilégié et de pouvoir leur apporter tout le soutien et support nécessaires.

De manière globale, quels sont les objectifs à court et à long terme qui vous ont été fixés par le Comité Exécutif pour cette mandature ?

Notre action s’inscrit dans la dynamique impulsée par le Président Saïd Ali Saïd Athouman ainsi que le Comité Exécutif. Les excellents résultats enregistrés depuis le début du mandat, de la qualification à la CAN, l’élection de Kanizat Ibrahim à la CAF, les procédures transparentes de recrutements du SG & DTN à l’appel d’offre pour un nouvel équipementier, sont autant des signes encourageants pour le développement du football comorien. Clairement, aujourd’hui quand on se qualifie pour une Coupe d’Afrique des Nations et que l’on se retrouve dans le top 24 du continent, le Comité Exécutif souhaite faire encore mieux pour la partie sélection. C’est pour cela qu’il souhaite que l’on mette en place une vraie administration qui puisse planifier, anticiper, organiser et exécuter des missions pour que la sélection nationale puisse avoir les mêmes conditions que n’importe quelle autre sélection dans le monde. Le Chef de l’État, Son Excellence, Al Imam Azali Assoumani, accorde une très grande importance aux Cœlacanthes. Jamais il n’y a eu autant de moyens qui ont été mis à la disposition de l’équipe nationale. Faire mieux pour les résultats sportifs mais aussi une administration qui arrive à être au service des acteurs du football.

Enfin, il y a un objectif qui est claire aujourd’hui. Pour changer les choses, on ne peut pas attendre que l’aide vienne de l’extérieur. On doit pouvoir avoir une autonomie financière à travers la mise en place d’un programme de création de revenues pour être nous-mêmes acteurs dans notre changement. On souhaite voler de nos propres ailes. Bien sûr, il y a les aides de la FIFA, la CAF et le gouvernement, mais ce mandat 2021-2025 sera véritablement le mandat où le changement va se faire. Le changement de nos mentalités, de notre manière de travailler et de notre façon d’aborder les choses. On optimise les fonds de la FIFA et de la CAF et on se donne les moyens de créer des revenues propres. On souhaite assez rapidement ouvrir nos boutiques officielles dans les quatre îles de l’archipel et pouvoir développer les ventes à l’international, particulièrement en France. Le point d’ancrage de ce mandat ça va être une meilleure organisation et un programme de revenues ambitieux.

Vous avez lancé quelques initiatives en communication depuis votre nomination. Quelle politique sera mise en place au sein du Département de la Communication qui a été longtemps muet ces dernières années ?

Avec Telma, j’avais un super service de communication. Je crois d’ailleurs que Telma a le meilleur service de communication aux Comores. Reconnue pour la façon dont elle orchestre et met en scène toute la communication sur les résultats, les différentes actions, les campagnes et les actions de responsabilité sociale. S’il y avait un critère qui aurait pu convaincre la commission de choisir Stéphane Aboutoihi comme nouveau SG de la FFC pour mieux communiquer sur les résultats de l’institution c’est bien le critère de la communication. Aujourd’hui, je suis très serein sur cette question. On a fait pas mal de choses en étant numéros 1 dans le pays sur ce domaine avec un savoir-faire qui est reconnu en Afrique. En l’espace d’une semaine, on a fait des choses extraordinaires à la fédération. On a mis en place un nouvel espace médias, une salle multifonctionnelle avec quatre espaces. Elle peut être utilisée par le Comité Exécutif, les différentes commissions et pour les conférences de presse. On a tous les outils pour bien faire les choses.

Stéphane Aboutoihi, Stéphane Aboutoihi : « Faire du football un vecteur de progrès à tous les niveaux »
Le siège de la FFC à Moroni-Oasis se métamorphose depuis la prise de fonction du nouveau Secrétaire Général

Maintenant, il est vrai qu’à la fédération aujourd’hui il y a des ressources qui sont là. On va discuter de notre feuille de route et leur exposer notre stratégie. On a des objectifs ambitieux. J’espère pouvoir compter sur le personnel déjà en place pour accompagner cette dynamique. Je me réjouirai de pouvoir m’appuyer sur des ressources qui sont déjà là. À qui peut-être on ne donnait tout simplement pas les moyens. Notre politique repose cependant sur la méritocratie. Nous allons rapidement mettre en place des formations pour les permettre de monter en compétences. Faire en sorte qu’ils se sentent à l’aise. Parce que finalement, ce qui compte c’est l’intérêt du football comorien et absolument rien d’autre.

Enfin, on a souvent tendance à voir le Comité Exécutif et l’Équipe nationale A mise en avant dans la communication de la fédération au détriment de la mise en valeur des compétitions locales. Qu’est qui va changer pour le football local en termes de communication ?

La vitrine de la fédération à l’international c’est bien les Cœlacanthes. Ils participent au rayonnement du pays. En complément, le football local constitue quant à lui l’avenir des Comores. On ne peut donc pas lésiner avec la communication sur les actions du football local. Et croyez-moi, on sera au rendez-vous dans la communication, la valorisation et de la mise en avant de tous les acteurs. Je peux d’ores et déjà vous dire qu’un organigramme va être mis en place par rapport au service de la communication. Les partenaires numéros 1 ce sont vous les médias. On souhaite travailler avec vous. Je peux vous confirmer que par rapport à nos compétitions, on aura une soirée de gala annuelle pour récompenser tous les acteurs du football. On souhaite surtout primer et communiquer autour des meilleurs. Les Cœlacanthes bien sûr mais aussi le football local, la jeunesse du pays et toutes les personnes qui contribuent et contribueront au développement de notre football.

Propos recueillis par Boina Houssamdine

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Étudiant, fondateur et administrateur de Comoros Football 269. Un passionné de football africain et un éternel fan de Young Africans (Yanga). Entre le Taarab qui l'inspire et d’être possédé au moindre lyrics d'un Igwadu, il demeure au moins un Makua de culture Swahili.

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