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Mémoires des Cœlacanthes

Cœlacanthes, la genèse : de l’anonymat à l’ère FIFA – [Partie I]

Qualifiées pour la première fois en phase finale de Coupe d’Afrique des Nations, les Comores ont franchi un palier important de leur histoire.

Menés par le sélectionneur Amir Abdou, les Cœlacanthes ont écrit d’une encre indélébile la plus belle histoire à ce jour du football comorien. Une équipe en constante progression qui ne s’est pas construite en un jour. L’occasion de retracer son histoire : ses péripéties, ses performances et ses exploits.

Un petit rappel historique

Inconnues dans la scène internationale, les Comores est un pays qui vie et respire football. Un sport qui rassemble toutes les générations avec un engouement incroyable. A l’accession des Comores à la souveraineté internationale le 6 juillet 1975, le football y est déjà fortement implanté. Le pays ne dispose pas encore de fédération mais dispose de deux terrains « acceptables » à l’époque.

Des clubs comme Rapide Club (fondé en 1953), Papillon Bleu, Citadelle (fondé en 1962) ont en une vingtaine d’années donné du rêve et un goût à la population. Mais le football est une notion que le régime révolutionnaire de 1975 à 1978 ne donnait pas une priorité. Ce sport venu d’ailleurs s’est implanté dans l’archipel début des années 1940. Le plus ancien club de football des Comores connu à ce jour et encore en activité est la Chirazienne de Domoni, fondée en 1950.

Sa pratique n’est pas régulière dans les années 50 mais de nombreux Comoriens le pratiquent en masse notamment à Zanzibar où la diaspora comorienne (la plus ancienne) disposait depuis 1917 d’une équipe multisports. Le Comorian Sports Club excellait déjà avec plusieurs titres en Championnat, un trophée en Hinawi Cup et un Zanzibar Cup entre autres.

À Majunga en Madagascar, la diaspora comorienne y est active depuis les années 40. Cinq clubs comoriens brillaient sur la Grande île. De l’Union La Comorienne, Jeunesse Musulmane, Islam Sport, Jeunesse Mahoraise à l’Étoile d’Anjouan. Naîtront dans cette diaspora des grands noms du football malagasy et comorien. À l’instar du gardien de but Ibrahim Abdourahim Charif (Malala) ou de l’attaquant Saïd Djaaffar Mwigni Abdou Mohamed (Bakodjouf).

La longue traversée du désert

L’histoire du football comorien est parfois fait de circonstances et de hasards. La première rencontre officielle de l’histoire de l’Equipe nationale eu lieu le 26 aout 1979 contre l’île Maurice à Saint-Pierre (La Réunion) à l’occasion des premières JIOI. Soit quatre ans après l’indépendance du pays. La fédération fût même créée la même année, quelques mois avant ces jeux indianocéaniques. La première victoire de l’histoire intervient aussi durant cette compétition contre les Maldives (2-1).

Il est difficile d’imaginer ce qu’auraient été les débuts de l’équipe nationale sans l’avènement des Jeux. Non affiliée ni à la CAF ni à la FIFA, la Fédération Comorienne de Football (FCF) ne peut présenter sa jeune équipe nationale aux grandes compétitions internationales. Sans d’autres alternatives, cette dernière se contente seulement de prendre part aux JIOI de 1985, 1990, 1993, 1998 et 2003.

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La toute première sélection des Comores le 26 août 1979 au Stade Michel Volnay

Vingt-quatre ans se sont donc écoulées de 1979 à 2003 sans qu’il y ait une évolution de la situation de l’équipe nationale. Sportivement, les six participations des Comores aux jeux des Iles de l’Océan Indien (JIOI) se résumait en réalité à de la figuration. Durant cette période, l’équipe nationale a disputé 18 matchs contre 5 sélections pour 2 victoires, 1 nul et 15 défaites. Sans infrastructures et sans moyens, le travail de la fédération se limitait à l’organisation du Championnat local et la Coupe des Comores.

Une absence de volonté politique qui relègue le football aux oubliettes. Il faut aussi dire que les priorités du pays à l’époque étaient ailleurs. Politiquement instables, alternant entre dictature et coup d’états, les Comores traversaient une des périodes les plus difficiles de leur histoire. Une situation qui restera figée jusqu’à ce qu’un pionnier arrive à la tête de la fédération.

L’avènement des « Cœlacanthes »

Élu Président de la FCF en 1997, Salim Tourqui se donne comme ambition de faire reconnaitre sa fédération à l’international. La tâche s’annonçait ardue connaissant les marges de manœuvre de cette fédération qui ne disposait même pas de siège. En 2000, la FCF est affiliée à la CAF et l’objectif est désormais tourné vers l’institution de Zurich. Après une première demande d’affiliation rejetée le 21 mai 2004 à l’occasion du Centenaire de la FIFA, Tourqui et son équipe redoublent d’efforts pour défendre leur dossier.

L’année suivante, un nouveau dossier a été constitué et une nouvelle demande est formulée. Elle recueille 198 voix contre 3 lors du Congrès de Marrakech du 12 septembre 2005. Les Comores deviennent officiellement le 207è membre de la FIFA. Désormais reconnue par les instances internationales, l’équipe nationale peut enfin se lancer dans le grand large. Une identité et un premier projet se mettent en place.

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L’équipe nationale des Comores au New George V Stadium de Curepipe le 4 septembre 2003 aux JIOI

En 2006, le DTN Abalanrabou Abdou Chacour et le premier sélectionneur de l’ère FIFA Ali Mbae Camara proposent de donner à l’équipe nationale le surnom de « Cœlacanthes ». Une référence à ce poisson préhistorique vieux de 350 millions d’années, localement appelé Gombesa, menacé d’extinction et dont près de 300 individus ont trouvé refuge dans nos eaux. Patrimoine national, symbole de résilience et de longévité. Les premières rencontres interviennent en fin d’année, ouvrant ainsi une nouvelle page du football comorien à l’international.

Historique des rencontres

Matchs des Comores de 1979 à 2003

JIOI
1979
Stade Michel Volnay

JIOI
1979
Stade Michel Volnay

JIOI
1979
Stade Jean-Ivoula

JIOI
1979
Stade Paul-Julius-Bénard

JIOI
1985
New George V Stadium

JIOI
1985
New George V Stadium

JIOI
1990
Stade municipal de Mahamasina

JIOI
1990
Stade Rabemananjara

JIOI
1990
Stade Rabemananjara

JIOI
1990
Stade Rabemananjara

JIOI
1993
Stade Linité

JIOI
1993
Stade Linité

JIOI
1998
Stade Jean-Ivoula

JIOI
1998
Stade Jean-Ivoula

JIOI
2003
Stade Auguste Volaire

JIOI
2003
Stade Auguste Volaire

JIOI
2003
New George V Stadium

JIOI
2003
New George V Stadium

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Fondateur et Rédacteur en chef de Comoros Football 269. Un passionné de football africain et un éternel fan de Young Africans (Yanga). Entre le Taarab qui l'inspire et d’être possédé au moindre lyrics d'un Igwadu, il demeure au moins un Makua de culture Swahili.

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