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Ben-Ahmed Attoumani, sélectionneur des Cœlacanthes U17 des Comores
Ben-Ahmed Attoumani, sélectionneur des Cœlacanthes U17, le 30 août 2022 au Stade Abdelkrim-Kerroum

Espace Jeunes

Ben-Ahmed Attoumani: « Nous sommes en train d’apprendre »

Le sélectionneur des Cœlacanthes U17, Ben-Ahmed Attoumani, nous livre en exclusivité ses impressions sur le tournoi amical d’Alger et sa vision sur le football des jeunes des Comores.

Dans cet entretien exclusif, Ben-Ahmed Attoumani, le sélectionneur des Cœlacanthes U17, revient sur les conditions de préparation difficiles pour le Tournoi 4-Nations d’Alger, ainsi que sur les performances de son équipe lors des deux premiers matchs contre l’Algérie et le Mali. Il évoque également le prochain match contre le Japon ainsi que son projet sportif de manière globale.

Étant donné que la participation des Comores a été confirmée au dernier moment, quelles étaient les conditions de préparation pour l’équipe avant le tournoi ?

En effet, tout s’est fait à la dernière minute. Ce n’était pas évident. La préparation n’a pas été optimale. Mais il y a eu un travail qui avait été fait en amont pour essayer de repérer certains joueurs. Après, ce fut un travail difficile auprès des clubs pour faire libérer les joueurs. Beaucoup n’ont pas accepté parce que le délai d’envoi des convocations était dépassé. Nous avons eu le refus de quasiment tous les clubs professionnels. Mais grâce au travail qui a été fourni avec tout le staff, nous avons pu constituer une équipe pour ce rassemblement.

Comment évaluez-vous les performances de votre équipe, malgré les deux défaites contre l’Algérie (3-1) et le Mali (1-0) ?

Je dirais que ce sont des défaites où l’on apprend beaucoup parce que nous avons une catégorie qui débute depuis l’Arab Cup. Nous n’avons pas eu de rassemblement depuis cette compétition. Ce qui fait que nous n’avons pas beaucoup d’expérience ensemble. Là, nous avons joué contre des équipes, que ce soit l’Algérie ou le Mali, qui sont qualifiées pour la CAN U17 cette année et qui font partie des favoris pour l’emporter. Le match contre l’Algérie, je pense que les joueurs ont eu un peu de retenue par rapport à l’enjeu parce que beaucoup fêtaient leur première sélection. Il y a eu un peu de tout qui a fait que nous avons bien débuté et fini le match. C’était encourageant. Mais tout ce qui s’est passé entre les deux mi-temps n’a pas été aussi bien. Nous sommes en train d’apprendre.

Contre le Mali, nous avons joué contre une équipe qui, pour moi, était vraiment au-dessus. Ils étaient vraiment plus forts que nous, par rapport à ce qu’ils ont démontré sur le terrain au niveau de l’intensité. Ce sont de grandes nations par rapport à nous, qui sommes encore en développement. Ils ont l’habitude de concourir dans de grandes compétitions comme la CAN, voire même la Coupe du Monde. Donc, c’est bien que, aujourd’hui, à notre échelle, nous puissions nous mesurer à elles. Nous mesurons rapidement le fossé qui est encore à rattraper et les axes d’amélioration possibles : que ce soit au niveau de l’équipe, du staff ou de la préparation des regroupements.

Votre prochain match sera contre le Japon. Comment vous préparez-vous pour affronter une équipe de ce niveau ?

Concernant le match du Japon, on essaie de travailler sur certains axes pour améliorer ce qui n’a pas été bon dans le dernier match, en gardant ce qui a été bon, surtout en termes d’intensité. Nous avons bien joué contre le Mali, il faudra donc maintenir cette intensité qui est encore plus cohérente dans le travail défensif. Le Japon est une équipe habitué à participer à la Coupe du Monde U17, donc nous aurons affaire à une équipe plus forte. Cependant, j’ai espoir que les garçons feront le nécessaire pour rendre fiers tout le pays et les gens qui nous suivent à travers la diaspora en France.

Azad Mohamed Soilihi avec les Comores U17 en amical le 22 mars 2023 contre l'Algérie
Azad Mohamed Soilihi avec les Comores U17 en amical le 22 mars 2023 contre l’Algérie
Lors de la dernière Arab Cup, il y avait peu de joueurs locaux et lors de ce tournoi, il n’y en a aucun. Comment expliquez-vous cela et quelles mesures allez-vous prendre pour y remédier ?

Comme je l’ai dit, tout est nouveau pour nous aujourd’hui. Je ne suis pas contre l’idée d’avoir des joueurs locaux, bien au contraire. Je ne suis pas fermé à cela, contrairement à ce que certains peuvent penser. Toutefois, nous devons structurer le championnat local U17, afin d’organiser des rassemblements au niveau local pour voir les joueurs qui pourraient intégrer l’équipe nationale. Cela implique un travail avec la Fédération et la DTN. Des mesures sont prises pour aller dans ce sens, ce qui est de bon augure. Nous devons être cohérents et nous dire les choses. Il est important de structurer, de créer des académies, un championnat local fiable au niveau des U17, de créer des compétitions pour les jeunes au niveau national, pour que nous puissions ensuite repérer les meilleurs joueurs.

À ma connaissance, il existe un championnat de jeunes, mais il est encore ambigu. Je ne peux pas non plus sélectionner des joueurs que je n’ai pas vu jouer. Lors du dernier rassemblement, il y avait un écart de niveau flagrant entre les joueurs locaux et ceux issus de la diaspora, que ce soit en termes techniques, tactiques et même physiques. Il y a un gros fossé entre ce qui se fait au pays et en Europe. Nous devons donc rattraper ce retard petit à petit, avec les moyens que nous allons mettre en place. Cette sélection nationale concerne tous les Comoriens, qu’ils soient en France, aux Comores ou à La Réunion. Trois jeunes évoluent d’ailleurs dans l’île de La Réunion. Seuls les meilleurs joueront. Si demain, je dois aligner une équipe composée uniquement de joueurs locaux, parce qu’ils sont les meilleurs, je le ferai sans aucun problème.

Depuis votre nomination, quels ont été les principaux défis auxquels vous avez été confronté ?

Les principaux défis auxquels nous avons été confrontés ont toujours été liés aux rassemblements. Nous avons toujours été prêts à la dernière minute. J’espère que nous réussirons à nous structurer et à anticiper les choses. Les équipes que nous rencontrons lors de ce tournoi se regroupent au moins cinq à six fois par an. Malheureusement, dans notre cas, nous n’avons pas encore cette chance qui nous permettrait de créer une base de jeu cohérente et de travailler sur des fondations solides.

Pouvez-vous nous parler de votre projet avec les Comores ? Comment envisagez-vous l’avenir de cette équipe et quels sont vos objectifs à long terme ?

Notre projet avec ces jeunes est de les amener au plus haut niveau. Nous sommes le fer de lance pour les sensibiliser à la sélection nationale. L’objectif est que certains des joueurs de la génération 2006 qui sont là aujourd’hui, qui passeront plus tard en U20, puissent atteindre l’équipe A dans le futur. D’ici trois ou quatre ans, nous aurons déjà accompli une grande partie du travail. Après cela, notre projet est en corrélation avec la DTN et la Fédération. L’idée est de participer à toutes les compétitions continentales et internationales qui nous seront proposées. Aujourd’hui, tout cela dépend de la fédération. J’espère qu’un jour, nous pourrons concourir pour nous qualifier à une CAN. Ce serait notre objectif numéro un.

Comment voyez-vous l’évolution du football comorien ces dernières années et quel rôle l’équipe U17 peut-elle jouer ?

Le football comorien évolue dans le bon sens, même s’il ne progresse peut-être pas aussi vite que nous le souhaiterions. Il gagnerait à évoluer plus rapidement, je l’espère, grâce aux mesures qui seront mises en place. Comme je l’ai dit précédemment, l’équipe U17 sera le fer de lance pour le repérage et le lancement des futurs joueurs qui pourraient à terme atteindre le noyau de l’équipe A. Nous savons que nous manquons de moyens, que ce soit au niveau des infrastructures ou des finances, mais avec de la volonté, nous pouvons faire beaucoup de choses. Tout cela est nécessaire pour faire évoluer le football comorien, car je pense que nous avons des hommes et des techniciens compétents en abondance.

Propos recueillis par Boina Houssamdine

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Fondateur et Rédacteur en chef de Comoros Football 269. Un passionné de football africain et un éternel fan de Young Africans (Yanga). Entre le Taarab qui l'inspire et d’être possédé au moindre lyrics d'un Igwadu, il demeure au moins un Makua de culture Swahili.

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