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Stade omnisports de Maluzini, Comores

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Maluzini, chroniques et enjeux d’un stade en détresse

Érigé en 2019, il symbolise l’espoir, mais aussi les défis constants auxquels il est confronté pour maintenir ses standards internationaux. Retour sur une semaine tumultueuse qui a ravivé les enjeux entourant ce joyau sportif des Comores.

Une semaine d’agitation, telle une onde de choc, a secoué la quiétude des rues de Moroni et a enflammé les réseaux sociaux. À l’origine de cette tumulte, le refus de la CAF d’homologuer le Kianja Barea Mahamasina, bastion de la sélection malagasy et futur adversaire des Cœlacanthes.

Avant cela, le stade Mathieu Kérékou du Bénin avait déjà vu son agrément révoqué. Cette série d’événements a ravivé les craintes quant au sort du stade de Maluzini. Est-il toujours aux normes ? Répond-il aux exigences internationales ?

Maluzini et ses défis permanents

Inauguré avec faste en 2019, le stade omnisports de Maluzini a été un souffle d’air frais pour les acteurs sportifs locaux. Doté d’une pelouse naturelle de qualité et d’installations modernes, il était la fierté de toute la nation comorienne. Cependant, cette euphorie a rapidement cédé la place à l’anxiété face à une éventuelle sanction de la part de la CAF. Au match inaugural contre l’Égypte en novembre, la pelouse fut envahie par les supporters. Malgré cet incident, les Comores n’ont écopé que d’un avertissement pour des problèmes de sécurité.

Mais hélas, les ennuis ne se sont pas arrêtés là. Il était illusoire de croire qu’une infrastructure de cette envergure resterait exempte d’un fléau récurrent aux Comores : le manque d’entretien. Dès décembre 2020, des images alarmantes de la pelouse dans un état déplorable ont circulé, attribuées à des problèmes d’approvisionnement en eau sur le site. Malgré les travaux correctifs entrepris en réponse aux inspections de la CAF depuis 2021, les mêmes problèmes, notamment celui de la pelouse, resurgissent chaque année.

La FFC prend en main le stade suite aux demandes de la CAF

En mars 2023, en prévision de la double confrontation contre la Côte d’Ivoire, le Ministère des Sports, en collaboration avec la Fédération de Football, a entrepris des travaux pour remettre l’enceinte aux normes. Ces travaux concernaient tant la pelouse que les sièges, les vestiaires, les espaces médias et autres. « Nous avons entrepris la pose d’environ 6000 sièges et la mise aux normes des vestiaires », rappelle le président de la FFC, Saïd Ali Saïd Athouman.

Toutefois, six mois plus tard, la CAF revenait à la charge. « Après notre dernier match contre la Zambie (9 septembre, ndlr), il nous a été demandé d’améliorer l’état de la pelouse pour qu’elle puisse accueillir des matchs officiels, mais aussi d’acquérir de nouveaux bancs de remplaçants et des bancs pour les officiels », poursuit-il. Des demandes supplémentaires incitant le Ministère des Sports, le 16 septembre, à concéder la gestion du stade à la Fédération de Football des Comores. À ce jour, bien que la CAF ait formulé ses recommandations, aucune sanction officielle n’a été émise à l’encontre de Maluzini.

Réunion d’urgence au palais de Beit-salam

L’inquiétude des derniers jours a néanmoins mobilisé l’ensemble des parties prenantes autour de sa mise aux normes internationales. Samedi, une réunion d’urgence s’est tenue au palais présidentiel de Beit-salam en présence du Secrétaire Général du Gouvernement, Daniel Ali Bandar, du Ministre des Sports, Djaanfar Salim Allaoui, et du Président de la FFC.

À la suite de cette rencontre, une commission mixte a été mise en place pour superviser le processus visant à conformer le stade aux normes internationales. Hier, des représentants des trois entités ont effectué une visite d’inspection pour évaluer la situation et identifier d’éventuels manquements aux règlements de la CAF relatifs aux stades. « Ainsi, nous pourrons anticiper et apporter si besoin des corrections et des améliorations », assure Saïd Athouman.

Le dilemme de l’autorité

Si tout le monde met la main à la pâte dès ce mois-ci, le stade devrait répondre à toutes les exigences avant le début des éliminatoires de la CAN 2025 en septembre prochain. Cependant, qu’en est-il de l’entretien à long terme ? De nombreuses interrogations subsistent, notamment celle concernant le statut des employés du stade, qui semblent échapper à l’autorité de la FFC.

« Il est difficile pour le Directeur du stade (Zakaria Moussa Saïd, ndlr) de donner des instructions à des agents qui lui rappellent sans cesse qu’ils obéissent aux instructions de l’institution qui les paie, en l’occurrence, le Ministère des Sports », déplore le patron du football comorien. La FFC envisage de les former, mais leur collaboration reste incertaine.

Les défis de l’eau et de l’entretien

Parmi les défis majeurs figure celui de l’entretien de la pelouse, notamment en ce qui concerne l’approvisionnement en eau. Un domaine dans lequel la Sonede, société nationale de l’eau, pourrait jouer un rôle crucial. Cependant, pour l’instant, celle-ci ne faciliterait pas la tâche.

« Nous essayons d’approvisionner avec plusieurs camions d’eau par jour, quand cela est nécessaire, notamment à l’approche des compétitions, mais cela induit des coûts très élevés. La solution qui permettrait d’avoir une pelouse de bonne qualité serait d’être alimenté en eau par la Sonede, poursuit Saïd Athouman. Il nous faut donc trouver des solutions pérennes avec la Sonede pour ce qui est de la fourniture de l’eau, sans quoi, il sera difficile d’assurer un entretien adéquat. »

Cette question de l’eau avait déjà suscité l’idée d’installer une pelouse synthétique. Cependant, avec l’organisation des Jeux de l’océan Indien en 2027, un complexe capable d’accueillir des épreuves telles que le lancer du javelot ou du marteau, pratiquées sur des pelouses naturelles, est nécessaire. Par conséquent, cette option est actuellement écartée. En attendant, le site de Maluzini est destiné à faire partie de la solution, une réalité bien comprise par les responsables de Moroni-Oasis. « Il faudrait pouvoir mettre en place des activités lucratives permettant de collecter des fonds destinés à l’entretien du stade. Acquérir certains équipements dédiés à l’entretien de la pelouse », conclut-il.

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Fondateur et Rédacteur en chef de Comoros Football 269. Un passionné de football africain et un éternel fan de Young Africans (Yanga). Entre le Taarab qui l'inspire et d’être possédé au moindre lyrics d'un Igwadu, il demeure au moins un Makua de culture Swahili.

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