Saïd Athouman : « apporter de la transparence dans nos actions » – Partie I
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Saïd Athouman : « apporter de la transparence dans nos actions » – Partie I

Saïd Athouman : « apporter de la transparence dans nos actions » – Partie I

Six mois après son élection à la tête de la Fédération de Football des Comores (FFC), le président Saïd Ali Saïd Athouman nous a accordé un entretien pour évoquer ces premiers mois de mandats. Des différentes réformes aux compétions locales en passant par l’équipe nationale, il nous livre sa vision et sa politique à la tête du football comorien.

La phase retour du championnat des Comores démarre le 15 juillet prochain, quel bilan faites-vous de la phase aller ?

Saïd Ali Saïd Athouman : Je pense que cette première partie s’est bien déroulée et en sérénité comparé aux difficultés qui ont surgit ces deux dernières années. Nous avons réalisé certains nombres de réformes sur les règlements généraux qui seront appliquées dès la phase retour du championnat.

Il n’y a pas eu beaucoup de contestations sur les différents procès-verbaux des instances même si cela fait partie aussi du football. On ne peut pas immédiatement régler tous les problèmes mais nous sommes en train de créer les bonnes conditions que ça soit juridiques avec le code de l’éthique ou dans la formation. Si l’on prend exemple de l’arbitrage, on a commencé à former des jeunes arbitres qui d’ailleurs officient déjà dans le championnat U15.

Saïd Ali Saïd Athouman – Président de la Fédération de Football des Comores (FFC)

Nous avons aussi rétabli la Commission Régional d’Appel (CRA) qui est un organe statutaire mais qui n’avait pas les moyens nécessaires pour bien fonctionner. Ce qui fait qu’il y a désormais trois grandes instances si l’on rajoute la Commission d’Homologation et Disciplines (CHD) et la Commission Nationale des Recours (CNR). Trois commissions composées de 5 personnes chacune, indépendantes et dont nous respectons les prérogatives attribuées à chacune d’entre elles. Il faut beaucoup plus de transparence dans la gestion du football comorien et cela ne se résume pas seulement sur l’aspect financier.

Sur les nouveaux règlements qui vont bientôt entrer en vigueur, quels sont les nouvelles mesures disciplinaires prévue ou ce dont ils vont apporter de nouveau au football comorien ? Se basant par exemple du cas de la violence dans les stades qui diminue mais loin d’être éradiquée.

Saïd Ali Saïd Athouman : En général ce sont des compléments des précédents règlements. On les a jugés important pour renforcer certains domaines dont parmi elles le cas de la violence dans les stades avec des sanctions beaucoup plus sévères. On aimerait ne pas avoir toujours recours à de pareilles sanctions puisque notre objectif est que les compétitions se déroulent dans la paix et dans le fair-play.

Il nous faut sensibiliser tous les acteurs du football. Notre travail est de faire une prévention en misant sur la formation des responsables de clubs, entraîneurs et arbitres en premier. Ils doivent être les exemples pour les joueurs et supporters. Il est regrettable qu’il ait aujourd’hui des responsables qui font tout pour corrompre des arbitres et user d’autres moyens dans le but de gagner un match. Ce sont des gens qui ne comprennent pas encore les valeurs du football.

Récemment, des dirigeants de clubs se plaignaient de ne recevoir aucune aide ni prime de la part de la fédération. Comment expliquer que le vainqueur d’une compétition nationale, en dehors du trophée, ne perçoit aucune somme financière ?

Saïd Ali Saïd Athouman : On aimerait le faire et nous sommes toujours en réflexion sur ce sujet. Mais il y a des réalités qui font que la fédération n’y parvient pas. Ce ne sont pas quelques maigres recettes d’une telle compétition qui font fonctionner la fédération. On le sait tous que c’est grâce à l’appui de la FIFA et de la CAF que l’on arrive à assurer notre fonctionnement au niveau fédéral, le football des jeunes et le football féminin ainsi que les différentes formations. On a plus le droit de prélever des fonds sur les activités déjà budgétisées pour les utiliser dans d’autres domaines. L’aide du gouvernement se base dans une grande partie sur l’équipe nationale. Juste pour exemple, la prise en charge du sélectionneur national n’entre pas dans ces deux cas mais provient dans des activités bien ciblées.

Quels sont pour le moment vos pistes en dehors de l’aide FIFA/CAF et du gouvernement pour trouver une solution à cela ?

Saïd Ali Saïd Athouman : On a déjà entamé des négociations avec des sociétés privées locales afin de mobiliser des ressources pour aider le football comorien. Actuellement, certaines d’entre elles ont donné un accord de principe. Reste maintenant à concrétiser prochainement ses partenariats. Le problème dans notre pays est que la culture du sponsoring n’est pas assez développée. Nous sommes là depuis fin février, on ne peut pas avoir des résultats à l’immédiat.

Notre priorité pour le moment comme je l’ai bien dit, c’est d’apporter de la transparence dans nos actions. Nous allons bientôt publier notre état financier de 6 premiers mois de mon mandat. En attendant la mise en ligne de notre site web, nous continuerons de communiquer sur version papier. Chacun est libre de demander des comptes que ça soit nos partenaires de la FIFA/CAF et gouvernement, dirigeants de clubs ou autre acteur du football comorien.

Concernant les partenaires, un contrat de sponsoring lie la fédération à Comores Telecom. Quels sont les détails de ce partenariat et ce dont il apporte au football local ?

Saïd Ali Saïd Athouman : Il y a longtemps Comores Telecom demeurait notre partenaire principal qui a beaucoup apporté au football comorien. Le contrat qui nous lie est de 35 millions Kmf par an repartis normalement en trimestres. Mais la plupart du temps nous les sollicitons dans des grands événements tels qu’un match de l’équipe nationale ou autre pour les permettre aussi d’avoir plus de visibilité. Malheureusement, ces derniers temps on a l’impression que la nouvelle équipe dirigeante de la société ne compte pas continuer ce partenariat.

Bien que nous les prévenions des mois auparavant à l’occasion d’un événement, il n’y a plus de manifestation physique de leur part ou une volonté de continuer à travailler ensemble. Mais ce qui nous étonne est que parmi les arguments avancés est « qu’ils ne gagnent rien » dans notre partenariat au moment où de nombreux concurrents aimeraient conclure des partenariats avec une organisation comme la nôtre. Au-delà des sociétés locales qui nous ont approché, BeIN Sport et Canal + se positionnent déjà pour la diffusion des matchs des Cœlacanthes aux éliminatoires de la CAN 2019.

Propos recueillis par Boina Houssamdine, lundi 2 juillet à Moroni.

Retrouvez prochainement la Partie II de cette interview avec les thématiques suivantes : football féminin, football des jeunes et équipe nationale.

Étudiant en Mathématiques, fondateur et administrateur de Comoros Football 269. Un passionné de football africain et un éternel fan de Young Africans (Yanga). Entre le Taarab qui m'inspire et d’être possédé au moindre lyrics d'un Igwadu, je demeure au moins un Makua de culture Swahili.

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