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Lutin : « Il faut être patient pour une sélection en construction »

Désigné sélectionneur à quelques jours du début de l’Arab Futsal Cup 2021, Jean-Philippe Lutin dirige la toute nouvelle équipe nationale des Comores de Futsal dans ce rendez-vous panarabe. À ses côtés, il s’est associé avec Sabry Bezahaf dont ils exercent tous les deux dans le même club en France, l’ACCS. Bezahaf avec l’équipe première et Lutin avec la réserve. Le binôme accompagne les débuts internationaux des Cœlacanthes qui ont démarré la compétition avec deux défaites contre l’Arabie Saoudite puis le Maroc. Le sélectionneur nous livre ses impressions.

Coach, vendredi 21 mai vous avez dirigé l’équipe nationale des Comores dans sa toute première rencontre en compétition officielle. Dans quelles conditions vous avez abordé cette Arab Futsal Cup 2021 ?

Tout d’abord, il faut savoir qu’on n’a pas eu assez temps de préparation. Nous avons eu seulement trois entraînements pour préparer le premier match. Il y a eu une sélection qui a été faite. Les garçons ne se connaissaient pas. Moi aussi je ne les connaissais pas. Sabry non plus. Ce qui fait que ça a été très compliqué. Nous avons des joueurs de plusieurs horizons et cultures footballistiques. Certains y jouent au foot mais pas régulièrement au futsal. Le futsal c’est vraiment spécifique. C’est tactique. Il y a des placements, des rotations et tout un processus à faire. Inculquer une culture de futsal en trois jours, ce n’est pas suffisant. On a quelques joueurs qui jouent en D1 et D2 Futsal (France), des bons joueurs, mais qui n’ont pas assez d’expérience de l’international. Donner une forme sur un premier match sans au préalable avoir eu de regroupement et disputé des matchs amicaux, c’est au pied du mur qu’on s’est retrouvé. Malgré tout, il y a eu une cohésion du groupe et du staff. Et j’en profite pour féliciter la Fédération et le Président qui ont fait un travail énorme en si peu de temps pour mettre à notre disposition tout ce qu’il fallait pour la compétition.

Deux matchs, deux visages et une équipe comorienne qui se cherche encore. Comment expliquez-vous les résultats des premières rencontres des Cœlacanthes ?

Concernant le premier match contre l’Arabie Saoudite, nous sommes tombés sur une équipe assez vivace et très rapide. Il y a eu aussi le stresse de début de compétition. Comme je l’ai dit, nos joueurs n’ont pas l’habitude de ces genres de rencontres internationales. Premier match, on découvre et on a peur de mal faire. On entend son hymne national et tout ces éléments qui sont quand même assez forts que l’on récent dans des moments pareils. Il y a eu aussi un manque de concentration et d’automatismes. Ce qui explique en partie le match un peu « brouillon » contre les Saoudiens. Puis, il y a aussi d’autres facteurs comme le fait qu’on a eu des joueurs qui n’étaient pas physiquement prêts. Il fallait de la récupération. Tenir en compte en compte aussi la méforme des joueurs et le manque de compétitions avec l’arrêt des championnats dû aux restrictions sanitaires. Et enfin le fait d’avoir eu des entraînements à 22h avant de disputer ce match que je tiens en compte.

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Mazen Saïd Salim, pivot et capitaine des Cœlacanthes dimanche 23 mai face au Maroc

Le Maroc, une surmotivation. Quand vous jouez le champion d’Afrique en titre, comment déjà ne pas être motivés. C’est dans 80% de l’ADN d’un sportif : battre ou mettre en difficulté un champion en titre. Face au Maroc, on a faillit créer la surprise. C’était franchement un match agréable à vivre avec beaucoup de pression, mais cette fois-ci positive. Les garçons étaient mieux préparés. Un peu plus en jambes. On a abordé ce match différemment. On a tenu une mi-temps. Puis trois buts dans la seconde partie dû à un manque de concentration et surtout l’énorme expérience de l’adversaire. Mais il y a eu de la rigueur. On a fait en sorte qu’ils soient bien mentalement avant ce match. Pour nous, la transformation a été excellente. Elle aurait pu être mieux mais c’est manque de temps. S’il y avait eu une rencontre amicale avant le début de la compétition, on aurait pu aborder l’Arabie Saoudite avec le même comportement qu’on a eu contre le Maroc.

Il ne reste plus qu’une rencontre à disputer contre les Émirats Arabes Unis, dans quel état d’esprit allez-vous aborder ce match ?

L’état d’esprit est au beau fixe. Les garçons sont déterminés, ils veulent gagner. On ne veut pas partir avec que des défaites vu la montée en puissance qu’il y a avec le groupe. On est vraiment motivés et déterminés à réaliser un bon résultat. Il nous reste encore la possibilité de passer au tour suivant si on l’emporte avec une différence de trois buts (à condition d’une défaite de l’Arabie Saoudite, ndlr). J’ai suivi la rencontre entre les Emirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite, on a analysé de nouveau la rencontre et c’était un match bouillon. Au-delà de la rivalité entre ces deux pays qui a marqué leur rencontre, il y a eu beaucoup d’erreurs et de courses qui ne ressemblent pas au futsal. Face aux Émiratis, ce sera une rencontre de titans. C’est une équipe qui court beaucoup et qui fait beaucoup de fautes. On peut exploiter ses failles. En tout cas, nos joueurs sont affûtés. Ils ont fait tout ce qu’il fallait pour aborder ce match dans des meilleurs conditions et faire honneur au pays. Je suis confiant.

Enfin, quels étaient les objectifs fixées pour ce tournoi ?

Comme vous le savez, j’étais parachuté sélectionneur à la place de Stéphane Smague. Je suis venu bien après. Au départ, on nous avait dit qu’il fallait se qualifier en quarts puis il y a eu entre autres d’autres priorités. Il faudra peut-être demandé cela directement à la fédération. Ce qui est claire est qu’on est pas venu pour de la figuration. Pour moi, l’objectif était la gagne. Avec Sabry, nous sommes venus pour gagner et viser plus haut. Mais après il y la réalité du terrain. Nous n’avions pas eu des joueurs bien préparés et l’ensemble des joueurs de culture futsal. On a par exemple deux des meilleurs joueurs de D1 Futsal en France, d’origines comoriennes, qui ne peuvent pas jouer pour les Comores parce que déjà internationaux A français. Souheil Mouhoudine et Nelson Lutin (son fils, ndlr). C’est nouveau pour le pays. Je crois que ce qu’il faut retenir c’est cette évolution qu’il y a eu avec cette discipline par rapport au tournoi amical de 2018. Ne pas être exigeants non plus. Il faut quand même être patient pour une sélection en construction. Il n’y a aucune sélection qui est devenue championne à ses débuts.

Propos recueillis par Boina Houssamdine

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Fondateur et Rédacteur en chef de Comoros Football 269. Un passionné de football africain et un éternel fan de Young Africans (Yanga). Entre le Taarab qui l'inspire et d’être possédé au moindre lyrics d'un Igwadu, il demeure au moins un Makua de culture Swahili.

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