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Joseph Youssouf, Joseph Youssouf /Twamaya : « Ce n’était pas ce qu’on nous avait promis »

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Joseph Youssouf /Twamaya : « Ce n’était pas ce qu’on nous avait promis »

Fermée depuis octobre 2017, l’Académie Twamaya était une pépinière de formation de jeunes footballeurs comoriens. Trois générations sont passées par ce centre de formation ouvert en 2010 et implanté à Mitsamiouli. Comoros Football 269 s’est entretenu avec d’anciens pensionnaires du centre. Issu de la deuxième génération, Joseph Youssouf Abdou (23 ans) revient sur ces années à l’Académie et de sa situation actuelle en club.

Bonjour Joseph. Cinq ans après ton passage à l’Académie Twamaya, comment décrirais-tu tes années de formation au centre ?

Des meilleurs moments. J’avais des bons coachs et des meilleurs coéquipiers doués de talents. Le centre m’a forgé et m’a inculqué plein de bonnes choses. Sur le plan sportif, mon meilleur souvenir reste notre médaille d’Or aux Cjsoi 2014. C’était un grand pas. On a reçu une bonne formation. La preuve en est qu’on a presque tous fini avec des grands clubs de D1. Le centre était une bonne chose pour la formation locale. Je trouve vraiment dommage qu’il soit fermé. Il y a énormément de talents aux Comores.

La situation était difficile à vivre

Qu’est-ce qui différencie un joueur passé par le centre évoluant en D1 et un autre talent ? Et comment expliquer le fait qu’aucun pensionnaire n’a réussi à disputer une rencontre avec l’équipe A des Cœlacanthes ?

Il y a des talents évoluant en D1 qui ne sont pas passés par l’académie. Ce qui différencie les deux parcours est que le centre permettait d’améliorer quelques notions de bases au niveau tactique. Pour ce qui est de l’équipe nationale, on n’a juste pas eu notre chance. Prenez l’exemple de Faouz Faidine, on l’a fait confiance dans un match et il a bien saisie sa chance. Le coach ne nous faisait pas confiance.

Joseph Youssouf, Joseph Youssouf /Twamaya : « Ce n’était pas ce qu’on nous avait promis »
Joseph Youssouf, ancien pensionnaire de l’Académie Twamaya

Au-delà de l’aspect sportif, quel était le quotidien des pensionnaires de ta génération ?

Elle était difficile. Tout ce qu’on nous avait promis n’était pas exactement le cas au quotidien. Il manquait plein de choses. Les gens devraient d’ailleurs se demander pourquoi on n’avait pas fini la formation. Le fait qu’on a fait deux ans au lieu de trois. Imagine aussi le fait qu’on a été viré pour une question de maillots (rires). La première génération c’était un total régal. Nous, on était mal traité. Mais on mettait tout cela de côté. On voulait juste jouer au foot et progresser. Si je suis resté c’était parce que j’aime trop le foot. Il y en a certains qui se sont barrés à l’exemple de Youkina. La situation était difficile à vivre.

J’ai passé mes essais au Havre grâce à ma famille et mon agent

Aucun pensionnaire de l’Académie n’a été envoyé effectuer des essaies à l’étranger par les responsables du centre ni la fédération. Pourtant, tu as effectué des essais au Havre en 2016. Comment cela s’est réalisé ?

Il faut des moyens et des relations pour partir à l’étranger. On n’en avait pas tout ça. Si la fédération avait une bonne politique et nous avait décroché des essais, les Comores auraient aujourd’hui exporté plein de talents à l’étranger. Chez nous, on veut des talents mais personne ne veut investir. Si j’ai pu partir à l’extérieur c’est seulement grâce à ma famille et mon agent.

J’ai passé mes essais au Havre grâce à Julien Bonhomme, mon agent qui est aussi celui de Serge Aurier. A la base, le club voulait me garder. Mais il y a eu peut-être des incompréhensions avec mon agent. J’ai perdu contact avec lui juste après les tests. Et jusqu’alors, je ne sais pas exactement ce qui s’est passé. J’ai fini par comprendre que j’étais recalé. Non pas que je n’étais pas à la hauteur mais que cela a un rapport avec mon ancien agent.

Qu’es-tu devenu après ?

Je suis retourné par la suite en région parisienne et j’ai signé au CS Meaux. A mon arrivé, le club était en Régional 1. On est monté par la suite en CFA 2 (National 3, ndlr). Mais après deux saisons, j’ai rejoint le RC Mons en Régional 1. On a raté de peu la montée en National 3 la saison dernière avec l’arrêt du championnat en raison du coronavirus. Cette saison encore on vise la montée et personnellement je bosse dur pour aider le club à réaliser ses ambitions.

Mon cœur est toujours avec Bonbon Ndjema

Ton ancien club l’US Zilimadjou vient de réaliser le doublé Championnat – Coupe des Comores. Quel est ton ressenti par rapport à cet exploit ?

C’est une fierté. J’étais très content pour eux. C’est quelque chose qui m’a énormément touché. On attendait ça depuis longtemps. Il y avait trop de critiques à notre égard concernant le manque de titres du club. Ce doublé a fermé beaucoup de bouches. J’avais match contre Bezençon le jour de la finale de la Coupe des Comores. Le fait de gagner ce match et voir l’US Zilimadjou réaliser cet exploit a rendu ma joie encore immense. J’aurais aimé être avec eux et vivre ces moments. Aussi loin que je me trouve, mon cœur est toujours avec Bonbon Ndjema (surnom de l’USZ, ndlr).

Propos recueillis par Boina Houssamdine

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Étudiant en Mathématiques, fondateur et administrateur de Comoros Football 269. Un passionné de football africain et un éternel fan de Young Africans (Yanga). Entre le Taarab qui l'inspire et d’être possédé au moindre lyrics d'un Igwadu, il demeure au moins un Makua de culture Swahili.

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