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JIOI 2023 aux Comores, la énième blague gouvernementale

JIOI 2023 aux Comores, la énième blague gouvernementale

Dans un pays au niveau de vie alarmant, aux infrastructures non adéquates et hyper dépendant des aides extérieurs, le gouvernement en place reprend pour une énième-fois avec prétention le souhait d’organiser les Jeux des îles de l’Océan Indien (JIOI) en 2023. Après l’échec pour l’organisation des JIOI 2019, le gouvernement comorien est encore loin de tirer les leçons de ses précédentes tentatives.

Parce que l’on peut continuer à chanter « Émergence horizon 2030 » matin, midi et soir mais tant que nos paroles restent que des bavardages politiciennes, il n’y aura aucune avancée. Les Jeux des îles ne s’obtiennent pas sur des promesses de réalisation. La réalité sur le terrain impacte plus sur le choix du pays/île hôte.

Mahamoud Salim, Ministre de la jeunesse et des Sports des Comores

Les JIOI ne se font pas sans infrastructures adéquates et à défaut de se leurrer, nous ne disposons même pas encore le tiers des installations nécessaires. Si l’on se projette réellement à l’organisation d’un tel événement, on se doit s’inspirer de ce qui est fait chez les voisins avant de prétendre faire de même.

Dans un contexte différent des JIOI, pour un cas particulier dans le football continental par exemple, nos voisins du Kenya et Madagascar se sont vu retirés récemment à quelques mois de l’organisation du CHAN 2018 et de la CAN U17 2017 pour non-respect des exigences de la CAF en matière infrastructures. Pour notre cas avec les JIOI, il est temps de se convaincre qu’il ne s’agit pas d’une « tournante » mais bien de sérieux et d’un réel engagement des pays/îles qui candidatent. Ceux qui disposent des meilleurs infrastructures ou des projets d’infrastructures adéquates « réalisables à temps » en ont la priorité. Ce n’est certainement pas un seul stade olympique (Malouzini), une seule supposée piscine olympique en projet et un gymnase (Misiri) pas du tout moderne que l’on va accueillir l’Océan Indien.

Vue aérienne avec le terrain annexe et parking du Stade olympique de Malouzini

Les Jeux des îles ne nécessitent pas seulement que d’infrastructures sportives. Il y a aussi d’autres structures nécessaires pour le bon déroulement des compétitions. Des hôtels, hôpitaux aux normes, un village des jeux, des routes et j’en passe, du stricte minimum que le gouvernement comorien est pour l’instant incapable de réaliser en cinq ans.

Pour ce qui est du football, en dehors du Stade olympique de Malouzini (travaux en cours), les stades de Moroni, Mitsamiouli et Hombo ne seront plus, dans la pratique, en mesure d’accueillir les compétitions de football d’un tel événement. La pelouse synthétique du Stade de Mitsamiouli installée depuis 2007 n’a jamais été renouvelée aura 15 ans en 2023. Et l’on connait les conséquences sur la santé d’une telle pelouse à longue durée d’utilisation.

Le Stade Saïd Mohamed Cheikh de Mitsamiouli avec une pelouse synthétique installée depuis 2007.

Pareille pour Moroni et Hombo qui de plus des pelouses, les vestiaires et tribunes auront besoin de modernisation. Un pays incapable d’assurer de la maintenance sur les quelques simples infrastructures déjà existantes s’aura-t-il être capable d’en construire des nouvelles modernes et plus adaptées ? Déjà avec quels moyens au moment où pour réaliser un projet, il en faut pas moins de 5 ans et espérer la charité d’un « pays ami ». Le Stade de Malouzini en est le parfait exemple dont les travaux initialement prévus en 2014 ont finalement démarré fin 2016 avec fin des travaux prévue mi-2019.

Étudiant en Mathématiques, fondateur et administrateur de Comoros Football 269. Un passionné de football africain et un éternel fan de Young Africans (Yanga). Entre le Taarab qui m'inspire et d’être possédé au moindre lyrics d'un Igwadu, je demeure au moins un Makua de culture Swahili.

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