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Cosafa, Disqualification Cosafa Men’s U17 : des responsabilités partagées ?

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Disqualification Cosafa Men’s U17 : des responsabilités partagées ?

Comptant éliminatoires de la CAN U17 2021, la Cosafa Men’s U17 2020 s’est terminée avec seulement quatre équipes. La compétition a été émaillée de triches sur les âges de certains joueurs des Comores, Botswana, Zimbabwe et de l’Eswatini. Les quatre équipes ont été disqualifiés tout juste après la première journée.

Une semaine après la disqualification des Comores au Cosafa Men’s U17 pour « inéligibilité sur l’âge » de certains joueurs, la FFC vient de suspendre le sélectionneur des U17 et son staff technique. Un limogeage acté en l’absence d’une enquête interne pour déterminer les responsabilités des uns et des autres. Pourtant c’est la voie entreprise par le Botswana par exemple, un des quatre pays disqualifiés. L’exemple de la Botswana Football Association (BFA) n’est pas anodin puisque cette dernière a ignoré, tout comme la FFC, d’effectuer des tests au niveau local. La BFA a réagi en suspendant son Secrétaire général Mfolo Mfolo pour manquement et a ouvert une enquête interne.

C’est quoi un test sur l’âge par IRM ?

La triche sur l’état civil est malheureusement un fléau qui affecte le continent africain et plus particulièrement les Comores. Chez nous, l’administration est tellement défaillante que n’importe qui peut changer en un claquement de doigts son nom, prénom, sa date et son lieu de naissance. C’est pour lutter contre ce fléau que la CAF encadre ses compétitions de jeunes. A commencer par des tests obligatoires sur l’âge des participants. L’article 8.6 du règlement est très clair : « Dans le cas où une équipe participante a un ou plusieurs joueurs qui ne réussissent pas le test d’IRM pour l’éligibilité, alors l’équipe concernée sera disqualifiée et devra rentrer chez elle dès que possible ». Des tests dont le coût est en principe pris en charge par la CAF (article 8.5).

A l’aide d’un appareil d’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique), les médecins recherchent des fusions osseuses dans le poignet humain (généralement la main gauche), qui sont très peu probables avant l’âge de 17 ans. Le test a un taux de précision supérieur à 99%. Le médecin du Cosafa Dr. Thulani Ngwenya donne des détails. « Il y a différentes étapes de classement de la plaque de croissance, de 1 à 6. La 6è année est la dernière étape où la plaque de croissance est complètement fusionnée. Toute personne de 6e année est donc considérée comme inéligible à participer dans cette catégorie d’âge ». Des tests passés avec succès par les Cœlacanthes U17 en 2016 lors des éliminatoires de la CAN U17 et puis en 2019 à l’occasion de la Cosafa Men’s U17.

A qui revient la responsabilité ?

L’année dernière particulièrement, sur une présélection de 25 joueurs, seuls 9 étaient jugés éligibles après les tests réalisés localement. Ce qui a amené le sélectionneur à refaire une nouvelle liste et a permis d’éviter une disqualification. Chose qui n’a pas été faite cette année. En conférence de presse, le secrétaire général Alifeni Djamaleddine affirme avoir pris toutes les dispositions administratives. D’après lui, « la responsabilité incombe seulement au staff technique ». Une position réaffirmée par la présidente du CoNor Kanizat Ibrahim dans son communiqué annonçant la suspension du staff technique. « Le staff avait la possibilité de demander à la Fédération de procéder à un test de certains joueurs dont le doute planait sur l’âge ».

Si la fédération se dédouane de toute responsabilité, le sélectionneur des U17 Msoili Zainoudine n’est pas du même avis. Ce dernier juge que c’est une question purement administrative. « La taille ou le physique d’un jeune ne suffisent pas pour déterminer son âge. Seuls des tests peuvent l’affirmer et c’est ce dont nous avons demandé auprès de la fédération » précise-t-il. « Comme ce fut le cas en 2016 et 2019, nous avons demandé à réaliser des tests avant notre départ. Un souhait qui ne nous a pas été accordé ». D’après lui, un membre de la fédération, sans citer son nom, a rétorqué par « nous n’allons pas dépenser de l’argent à faire des tests ici alors que des tests sont prévus en Afrique du Sud ». Précisant au passage que le secrétaire général était présent et en a été témoin. Une source nous révèle que la personne en question serait Fakridine Abdoulhaik, membre influent du CoNor.

Ce que précise le Cosafa

Au niveau du Cosafa, le Dr. Thulani Ngwenya a clarifié un certain nombre de problèmes liés à la disqualification des quatre équipes. Il a d’abord indiqué que les équipes ont été invitées à effectuer des tests avant leur départ, sous la stricte direction de la CAF. « Ces problèmes liés aux âges auraient pu être évités si les fédérations disqualifiées avaient suivi les lignes directrices recommandées telles que définies par la CAF, déclare le sudafricain, mandaté par la CAF auprès du Cosafa. La CAF a publié une circulaire demandant à toutes les fédérations de faire l’IRM dans leur propre pays (avant le départ) », a-t-il révélé. « Toutes les fédérations pourraient soumettre la demande et la CAF enverrait un expert dans ce pays pour superviser le processus. Certains pays ont fait exactement cela, mais tous les pays qui ont échoué au test d’éligibilité n’ont pas adhéré à la circulaire prescrite par la CAF ». Des instructions envoyées début octobre par l’instance africaine à tous les secrétariats des fédérations membres.

Sur ce point, la version avancée par la FFC tombe à l’eau. L’instance de Moroni-Oasis devait en principe effectuer des tests localement. Et sans attendre que le sélectionneur le suggère en cas de doute. S’il est clair que des tests par IRM ne sont pas disponibles aux Comores, réaliser d’autres tests, comme cela se faisait d’habitude, auraient été utile. Si l’on tient toujours à la version de la FFC, attendre que le sélectionneur suggère des tests est un manque de responsabilité.

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Étudiant, fondateur et administrateur de Comoros Football 269. Un passionné de football africain et un éternel fan de Young Africans (Yanga). Entre le Taarab qui l'inspire et d’être possédé au moindre lyrics d'un Igwadu, il demeure au moins un Makua de culture Swahili.

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