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Comores, Comores – Cœlacanthes 2020 : un groupe arrivé à maturité !

Cœlacanthes

Comores – Cœlacanthes 2020 : un groupe arrivé à maturité !

À Malouzini le 15 novembre dernier, les Cœlacanthes des Comores ont conclu face au Kenya une année 2020 pleine d’émotions. Endeuillés et confinés durant des mois, ils ont offert au peuple comorien une fin d’année de joies et allégresses. Une grande performance en éliminatoires de la CAN 2022 et un pas de géant vers une qualification en phase finale. Fruit d’un long projet vieux de six ans, faisant parfois l’objet de doutes, qui arrive presque à bon port avec la manière.

S’il fallait résumer l’année écoulée en quelques mots, 2020 serait une année d’endurance. Douze mois de défis où le monde du foot était tenu en haleine. Des terrains vides avec quelques poussières de matchs. Le football international a été le plus impacté. Pour les Cœlacanthes, c’est seulement trois rencontres qui ont pu se tenir en raison de la crise du coronavirus. De nombreuses compétitions ont été soit reportées ou annulées.

Le retour des Cœlacanthes dans les stades s’est fait en octobre à l’occasion d’un match amical contre la Libye à Tunis. Un retour gagnant et sur la manière avec une victoire (2-1) arrachée dans les derniers instants. De quoi conforter la détermination des coéquipiers de Youssouf Mchangama à faire face au Kenya un mois plus tard en éliminatoires de la CAN 2022.

À un point près d’une qualification historique

Une double confrontation capitale face aux Harambee Stars kenyans pour les Cœlacanthes. Leaders de leur groupe, les Comores se devaient de confirmer leur élan. Et les protégés d’Amir Abdou Abdou en ont fait un grand pas vers la qualification. Un match nul 1-1 héroïque à Nairobi (à 10 pendant 50 minutes) puis une belle victoire 2-1 à domicile. Co-leaders du Groupe G avec l’Egypte (8 points), les Cœlacanthes n’ont plus besoin que d’un point ou d’une contre-performance du Kenya pour décrocher une qualification historique en Coupe d’Afrique des Nations. Les échéances de mars prochain contre le Togo et l’Egypte seront déterminantes.

« C’est exceptionnel de vivre ça ! Je n’ai pas de mot pour décrire l’engouement autour de notre équipe aux Comores. Il faudrait en inventer un ! » – Ali Mmadi

Au-delà de ces performances et ce grand pas vers la qualification, le groupe a su sauvegarder ses acquis. Les Comores enchaînent 6 matchs sans défaite et une invincibilité à domicile de quatre ans. L’année se résume aussi en chiffre par 2 victoires et un match nul pour 5 buts marqués et 3 encaissés. Au total, 21 joueurs ont été utilisés dans ces trois rencontres. Deux d’entre eux se sont démarqués. Les jeunes néo-Cœlacanthes Yacine Bourhane (milieu, 3 sélections) et Faïz Mattoir (ailier, 2 sélections) ont su apporter une plus-value au groupe.

Une année 2020 avec les honneurs

Comores, Comores – Cœlacanthes 2020 : un groupe arrivé à maturité !
Les Cœlacanthes s’imposent face au Kenya et prennent une bonne option – 15 novembre 2020 © Hamza Ahamada

L’année fût aussi marquée par plusieurs distinctions à l’international. Les Cœlacanthes ont terminé à la 130è place au Classement FIFA (133è début 2020). Les Comores font partie des 10 pays ayant réalisé les meilleures progressions en 2020 en termes de points (+24 pts, 1112 points au compteur). Une autre distinction, cette fois honorifique, est le classement du magazine Jeune Afrique 2020 des meilleurs sélections africaines. Les coéquipiers d’El Fardou Ben Mohamed font un bond en occupant le 6è rang. Sur le plan individuel, le sélectionneur Amir Abdou est classé 3è Meilleur sélectionneur de l’année par le magazine So Foot. La revue française a aussi honoré un confrère en la personne de Kassim Oumouri, commentateur des matchs des Cœlacanthes à l’Ortc. L’homme qui fait vibrer les supporters des Veri Piya a été désigné Meilleur commentateur de l’année.

Cosafa Cup et Arab Cup of Nations 2021

En cas de qualification pour la CAN 2022, cette année 2021 sera cruciale en terme de préparation. Deux compétitions majeures pourraient servir de préparation. Le Cosafa Cup début juin et l’Arab Cup of Nations en décembre. La première, prévue dans la fenêtre FIFA du 31 mai au 8 juin est une bonne opportunité pour l’équipe A. Tous les joueurs professionnels pourront, en théorie, y prendre part. Regroupant 14 pays d’Afrique Austral, l’édition 2021 de la Cosafa Cup peut servir de compétition test pour les protégés d’Amir Abdou. Dans la dernière édition, les Comores, avec des joueurs locaux, avaient accédé pour la première fois aux quarts de finale en quatre participations.

« Il ne me paraît pas être une surprise de nous voir à ce niveau aujourd’hui. On récolte juste les fruits de ce que l’on a semé » – Nadjim Abdou

L’autre grand rendez-vous de l’année concerne l’équipe A’ (locale). Prévue du 1er au 18 décembre au Qatar (en dehors des fenêtres FIFA), l’Arab Cup of Nations regroupera les 22 pays membres de l’UAFA. La compétition impliquera en théorie des joueurs locaux sur le modèle du CHAN africain. Un bon parcours pourrait mettre en avant certains joueurs locaux et peut-être une opportunité de faire partie de l’aventure pour la CAN 2022. En attendant que la FIFA établi un règlement définitif concernant l’éligibilité des joueurs, des joueurs expatriés évoluant dans des divisions amateurs pourraient aussi éventuellement en faire partie avec un accord préalable de leurs clubs. On pense notamment par exemple à des joueurs comme Ibroihim Youssouf et Faouz Faidine évoluant dans le championnat mauritanien.

Ismaël Boura et Zaydou Youssouf en renforts ?

Dans l’éventualité d’une qualification à la CAN, le staff technique se penche déjà sur le renforcement du groupe. D’ici janvier 2022, les Comores pourraient enregistrer l’arrivée de certains binationaux à fort potentiel. Myziane Maolida (21 ans) à Nice, Isaac Lihadji (18 ans) à Lille, Naouir Ahamada (18 ans) à Stuttgart ou du jeune Ismaël Boura (20 ans) qui fait un très bon début de saison en Ligue 1 avec le RC Lens. Ce dernier fait partie des jeunes approchés par le staff technique en octobre dernier et qui pourraient rejoindre les Cœlacanthes dès le mois de mars. Latéral gauche, le natif de Bandrélé pourrait être l’alternative adéquate pour palier l’absence de Chaker Alhadhur (ligaments croisés). Depuis la blessure de ce dernier, le poste d’arrière gauche est occupé par défaut par l’ailier Saïd Bakari, repositionné pour la circonstance.

L’arrivée de nouveaux joueurs au sein du groupe est plus qu’une certitude. En conférence de presse jeudi, Djamal Mohamed (Team Manager) n’écarte pas cette éventualité et évoque même un possible renforcement du groupe dès le mois de mars. Et il n’est plus question d’une simple arrivée de binationaux mais plutôt d’une nécessité sur le plan tactique. Au-delà de l’aspect technique et la politique de rajeunissement du groupe, les Cœlacanthes font face souvent à des blessures de dernière minute. La solidité de l’équipe est ces derniers temps mis à l’épreuve. Surtout dans l’entrejeu où on ne compte seulement que 4 véritables milieux de terrains. Un compartiment que peut beaucoup apporter un certain Zaydou Youssouf (21 ans). Le milieu de terrain de Saint-Étienne est en plein forme depuis son retour de blessure. Une patte gauche soyeuse à émerveiller les stades d’Olembé, Yaoundé ou de Douala Japoma. Laza kicwa !

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Étudiant, fondateur et administrateur de Comoros Football 269. Un passionné de football africain et un éternel fan de Young Africans (Yanga). Entre le Taarab qui l'inspire et d’être possédé au moindre lyrics d'un Igwadu, il demeure au moins un Makua de culture Swahili.

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