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Arkane Mohamed, Arkane Mohamed (Volcan Club) : « Je suis ici pour la gagne ! »

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Arkane Mohamed (Volcan Club) : « Je suis ici pour la gagne ! »

International comorien formé à Sochaux et à Dijon, passé par Belfort et Beauvais, le milieu de terrain Arkane Mohamed (27 ans) s’est engagé avec le Volcan Club de Moroni. Le deuxième joueur comorien né et formé en France, après Mohamed Mchangama, qui choisit d’évoluer dans le championnat local. Pour Comoros Football 269, il revient sur ce choix de poursuivre le football dans le pays.

Depuis la saison 2015-2016, on a en quelque sorte perdu vos traces. Qu’est devenu Arkane Mohamed durant toute ces années ?

J’évoluais encore à Bergerac en 2015. Puis je suis parti à l’Olympique Alès. Ensuite, il y a un ami qui était en Suisse qui m’avait parlé d’un projet au FC Develier consistant à allier foot et travail. Globalement ça s’est bien passé. En 2018, je me suis installé à Mayotte auprès de mes parents, et j’ai signé au FC Mtsapéré. Mais avant même de m’y rendre, j’avais déjà l’intention de rentrer plus tard à Ngazidja. J’ai toujours continué à jouer au foot durant toute cette période. Seulement, comme j’évoluais dans des divisions inférieures, c’est peut-être la raison pour laquelle on n’entendait pas parler de moi.

On se rappelle qu’avant de partir en Suisse, vous étiez dans une bonne lancée avec Bergerac et sortant d’une belle saison avec Belfort. Et soudainement, une blessure a interrompu cette dynamique. Comment avez-vous vécu cela ?

Avec Belfort, j’avais réalisé une très belle saison avec une montée en National à la clé. Une fois à Bergerac, j’ai eu une blessure à la cheville dès la préparation. Je l’ai traîné un peu toute l’année. Ce qui a fait que je n’ai pas pu m’exprimer pleinement là-bas et qu’à la fin de l’année, je suis parti. Ce n’était pas facile de se retrouver dans une telle situation. Encore plus durant la préparation. Mais comme j’aime le foot, j’ai dû patienter et continuer à travailler. Ce qui m’a permis de mieux rebondir après à Alès où j’ai réalisé une belle phase allée, complète. Il n’y a que le foot qui m’anime. C’est pourquoi en venant ici, je continue de le pratiquer. Je joue et je prend du plaisir.

Vous aviez évoqué qu’avant de vous rendre à Mayotte, vous aviez déjà en tête l’idée de vous installer à Ngazidja. Qu’est ce qui a motivé ce choix sachant que le football local n’est pas encore bien structuré ? N’y avait-il pas un moyen de continuer le foot en Europe ?

Bien sûr qu’il y avait cette possibilité de jouer que ce soit en France ou en Suisse. D’ailleurs, j’avais eu une proposition de prolongation avec le FC Develier. Mais à la base, ce qui a motivé ce choix des Comores c’est plus la vie de tous les jours. J’accorde une grande priorité à ma religion. C’était devenu compliqué d’être tranquille à ce niveau là en Europe. Au niveau des prières et de l’habillement. Je savais qu’en rentrant j’allais être vraiment à mon aise et épanoui. C’était la meilleure décision pour ma famille et moi.

Arkane Mohamed, Arkane Mohamed (Volcan Club) : « Je suis ici pour la gagne ! »
Onze de départ de Volcan Club samedi 26 juin au Stade de Moroni face au FC Hantsindzi

Au niveau du football, malgré que les infrastructures sont un peu en retard, aujourd’hui je suis dans une équipe qui joue bien au foot avec laquelle je m’épanoui au quotidien. Les entraînements se font sur du synthétique et les matchs une fois sur deux se font à l’extérieur. Je pense pouvoir prendre du plaisir. C’est ce qui est recherché avant tout. J’espère que je vais pouvoir le prendre pleinement avec cette équipe. Et logiquement, en venant à Moroni, je ne pouvais que signer à Volcan Club. Je ne pouvais pas me permettre de signer ailleurs puisque je suis du quartier Irungudjani.

De 2015 à 2016, vous avez connu la sélection et comptiez 8 caps avec les Cœlacanthes. Un parmi ceux qui ont en quelque sorte contribué au projet du sélectionneur Amir Abdou. Comment avez-vous vécu la qualification des Comores pour la CAN en mars dernier ?

Il est vrai que j’ai participé à quelques matchs mais je ne me vois pas en tant que la ou l’une des pierres qu’il fallait pour bâtir l’édifice. Tout d’abord, depuis que je ne suis plus en sélection, je suis devenu évidemment supporter. Et de deux, je suis toujours en contact avec les joueurs. À chaque rassemblement, j’essaie de prendre de leurs nouvelles, de les encourager et de les motiver. C’est comme si j’y étais avec eux durant toute cette période. Malgré que je ne suis plus en sélection, je vis toujours les choses de l’intérieur.

Pour la qualification, sachez que j’étais déjà là au mois de mars. Une semaine avant le match contre le Togo. J’ai pu assister à la rencontre en tant que supporter et suis allé les féliciter à l’hôtel. C’est énorme ce qu’ils ont pu faire connaissant le peu de moyens qu’on dispose. Cette qualification est vraiment exceptionnelle et magnifique pour le pays. Pour les joueurs et aussi pour nous qui sommes passés en sélection. Le travail réalisé par le sélectionneur depuis le début est énorme. Mais il ne faut pas oublier aussi les gens qui sont autour de lui. Quand on notifie la qualification de l’équipe nationale on a tendance à ne pas mentionner le travail qui a été effectué autour. Des dirigeants, intendants aux kinés.

Il y a la Cosafa Cup qui arrive en juillet avec un groupe qui sera majoritairement composé de joueurs du championnat local. Des matchs amicaux des A en septembre à Moroni. Avez-vous en tête l’ambition d’effectuer un retour en sélection et peut-être prendre part à la CAN 2022 ?

Effectivement, j’ai entendu parlé de la Cosafa Cup. Mais franchement, mon principal but au quotidien, c’est d’être bon avec mon club. Si je suis performant, dans la logique, les choses suivent. Donc je ne me prend pas trop la tête avec ça. J’essaie de prendre du plaisir et aider mon équipe en étant le plus performant possible. Après, ce qui doit arriver arrivera. Je ne peux pas espérer aller en sélection sans que je sois bon au quotidien dans les matchs du championnat. Je me dois d’abord d’être efficace à l’entraînement, sur le terrain tous les weekend pour ensuite espérer être sélectionné. Après, bien sûr que ce sera avec un grand plaisir de retrouver l’équipe nationale si le sélectionneur fait appel à moi. Ce sera un honneur pour moi de porter le maillot des Comores une nouvelle fois. Que ce soit pour la Cosafa, les matchs de préparation ou pour la CAN elle-même.

Enfin, mercredi aura lieu le derby de la capitale contre vos rivaux de l’US Zilimadjou. Champion en titre et actuellement très en avance au classement. Quelle sont vos ambitions pour le reste de la saison ?

Je n’entends que ça que ces derniers temps. Le match contre Bonbon Ndjema (surnom de l’US Zilimadjou, ndlr). Personnellement, je ne connais pas cette équipe. Depuis que je suis arrivé, on m’a informé qu’on n’était pas dans une position favorable. Mais avec notre victoire à Malé et celle contre Hantsindzi, je pense qu’on s’est relancé. Moi je veux tout gagner avec Volcan Club et ce même face à Zilimadjou. Vu l’équipe qu’on a et ce que l’on produit comme jeu, je pense qu’on a la possibilité de faire quelque chose de beau et grand. Il y a quelque chose à réaliser en étant concentrés et appliqués. Et cela passe par des victoires. Je suis ici pour la gagne et apporter ma pierre à l’édifice. Et bien sûr, on souhaite remporter le championnat.

Propos recueillis par Boina Houssamdine

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Fondateur et Rédacteur en chef de Comoros Football 269. Un passionné de football africain et un éternel fan de Young Africans (Yanga). Entre le Taarab qui l'inspire et d’être possédé au moindre lyrics d'un Igwadu, il demeure au moins un Makua de culture Swahili.

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