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Interview

« Permettre à chaque île d’avoir 3 terrains supplémentaires praticables »

« Permettre à chaque île d’avoir 3 terrains supplémentaires praticables »

Reçu il y a quelques jours à Zurich par Gianni Infantino, président de la FIFA, nous nous sommes entretenus avec le président de la FFC, Saïd Ali Saïd Athouman, sur la requête comorienne auprès du Tribunal Arbitral du Sport et le programme Forward.

Deux mois après le retrait de l’organisation de la CAN 2019 du Cameroun et le refus de la CAF d’appliquer la double sanction à ce dernier, où en est-on avec la procédure de la FFC auprès du TAS ?

On a juste fait ce qu’on appelle un enregistrement au niveau du Greffe du Tribunal Arbitral du Sport. Il nous reste à faire le dépôt d’une requête d’arbitrage à travers notre cabinet d’avocats. Mais cette procédure nécessite d’énorme moyens que nous ne disposons pas à présent. Nous sommes toujours en attente d’un éventuel soutien financier de l’Etat.

De combien s’élève le budget que vous devriez avoir pour engager une requête auprès du TAS ?

Cela représente en premier lieu environs 20 000 francs suisses seulement pour le dépôt et les frais administratifs. Plus 10 000 francs suisses de la préparation du dossier pour notre cabinet d’avocats. Il faut aussi prévoir le paiement des honoraires des arbitres quand ils vont siéger. Pareille pour les honoraires des avocats quand ils vont plaider. On a établi un budget estimatif de 70 millions de francs comoriens (environs 141 000 euros) pour palier à tout ces dépenses.

Le gouvernement ne veut plus financer la procédure du TAS

Avez-vous eu une réponse officielle de la CAF sur ce sujet et y a-t-il un autre moyen d’exiger l’application du règlement ?

On a écrit à deux reprises à la CAF sans réponse de leur part jusqu’à présent. Le TAS reste notre seul moyen pour défendre nos droits. Nous exigeons toujours l’application du règlement surtout après les propos tenus par Constant Omari, 2è vice-président de la CAF. Des propos qui portent préjudice à notre équipe nationale et qui mettent une pression sur les arbitres du match Cameroun – Comores.

Pensez-vous que l’Etat s’implique d’avantage dans ce dossier qui prend de plus en plus de retard ?

Au début l’Etat s’est montré être impliqué. Mais mon Secrétaire Général qui assure l’intérim m’a informé que le gouvernement ne veut plus financer notre requête du TAS. Leur argument est que ça va leur coûter extrêmement cher et si malencontreusement on devrait perdre le procès ils devront aussi financer le match contre le Cameroun.

La FFC ne peut-elle pas prendre la charge d’un possible déplacement en mars au Cameroun ?

On avait proposé que s’il nous arrive de jouer contre le Cameroun, la FFC prendra elle-même les charges. On vient de bénéficier d’un appui de la FIFA pour les équipes nationales concernant les transports et les hébergements. Et ce match est éligible. Malgré cette proposition, on n’a pas eu de réponse positive de leur part. Cela montre qu’il n’y a pas une volonté du gouvernement à nous accompagner.

N’est-il pas dommage que le gouvernement laisse de coté une énorme occasion de mettre les Comores au devant de la scène du football africain avec la CAN 2019 ?

Déjà comme le je dis souvent, il s’agit d’un dossier qui va nous donner de la visibilité. En plus les enjeux sont énormes avec une probable qualification historique à la CAN. Imaginer un petit pays comme le nôtre participer à une compétition diffusée mondialement. Cela dépasse le cadre du football en termes de promotion du pays. Le gouvernement a beaucoup à gagner en nous apportant leur soutient. Je n’arrive pas à comprendre comment l’Etat n’arrive pas à percevoir ces enjeux.

128 millions de Kmf de subvention FIFA pour les clubs de D1

Vous étiez reçus mardi à Zurich par Gianni Infantino, président de la FIFA. Quel a été l’objectif de cette rencontre et les sujets qui ont été abordés ?

Il s’agit d’une rencontre bilatérale entre nos deux institutions. On a évoqué les réformes engagées par la FIFA qui se font dans une démarche participative. C’est ce qui est intéressant avec le président Infantino. Ce n’est plus au Comité Exécutif de prendre seul toutes les décisions. Les fédérations sont aussi invitées à s’exprimer sur certains sujets. Il était question de la réforme de la Coupe du monde des clubs, la Ligue des Nations, la Coupe du monde à 48 équipes et d’autres sujets d’actualité.

Rencontre entre Saïd Ali Saïd Athouman et Gianni Infantino le 22 janvier 2019 au siège de la FIFA

C’était aussi l’occasion d’évoquer les différentes réformes que nous menons au niveau de notre fédération et nos différents projets. Que ça soit en termes de formation, infrastructures ou des équipes nationales. J’avais aussi un projet de subvention des clubs, qui me tenait à cœur, que j’avais soumis à travers le programme Forward. Nous avons signé une convention pour les 30 clubs de D1 dans un premier temps à hauteur de 295 000 dollars.

Cela représente 128 millions de francs comoriens, soit 4,2 millions par clubs. Y a-t-il des exigences qui sont attendues en retour sur l’utilisation de cette somme ?

J’ai demandé en Assemblée Générale à ce qu’une partie de cette somme soit destiné à assurer les joueurs. Cette subvention peut servir aussi au transport, la restauration, les équipements et d’autres domaines. A la fin de la saison, on fera un bilan sur la gestion de cette subvention. Nous exigeons une transparence aux clubs et des pièces justificatifs seront demandées. La somme reste encore insuffisante mais il ne s’agit qu’un début. En cas de bonne gestion, nous allons solliciter une augmentation de la dotation. Non seulement pour les clubs mais aussi pour les ligues.

Cette subvention aurait pu être conséquente si le championnat de D1 se faisait sur une seule phase avec une dizaine de clubs. N’est-il pas temps de réfléchir à une harmonisation du championnat vu encore qu’une partie de cette somme puisse faciliter les déplacements inter-îles ?

On va y réfléchir pour la prochaine saison. Comme je l’ai dit, il faut d’abord que cette première phase se passe bien pour que l’on soumette des propositions allant dans ce sens. Les clubs doivent se restructurer et présenter une transparence dans leur gestion. C’est ce qui encouragera la FIFA à nous accompagner. Il s’agit en quelque sorte d’un projet pilote. A travers cette subvention et un véritable soutien de nos partenaires, on peut envisager éventuellement plus tard une harmonisation du championnat.

Un projet pilote d’une dizaine de terrains stabilisés

L’une des difficultés auxquelles est confronté le football comorien est le manque d’infrastructures adéquates. En avez-vous aussi aborder ce sujet ?

On a fait des propositions concrètes sur les infrastructures. Des projets sont en études dans le cadre du programme Forward. La FIFA finance actuellement la mise en place d’une pelouse synthétique à Sima (travaux en cours). Mais il faut savoir que l’on ne peut pas en mettre du synthétique partout. De plus tous les 10 ans il faudra penser à le renouveler. C’est le cas de celui de Mitsamiouli qui avoisine le million de dollars. Notre priorité est de rendre praticable plusieurs stades. Nous comptons mettre en place un projet pilote d’une dizaine de terrains stabilisés au niveau de l’archipel. Ils coûteront moins chers et permettront à chaque île d’avoir 3 ou 4 terrains supplémentaires praticables.

Les acteurs du football local ne cessent de réclamer de plus en plus de formation. Avez-vous évoqué durant votre rencontre des projets allant dans ce sens ?

J’ai demandé à ce que la FIFA nous met à disposition un technicien de haut niveau pour former notre direction technique. J’ai eu l’accord du président Infantino et le technicien pourra bientôt venir s’installer aux Comores. Il assurera le rôle de DTN sur une période d’au moins 6 mois. Il aura aussi pour mission de mettre en place un plan de développement stratégique pour le football comorien. D’autres projets de formations de cadres et entraîneurs vont bientôt être mis en place.

Propos recueillis par Boina Houssamdine, le 24 janvier 2019 à Paris

Étudiant en Mathématiques, fondateur et administrateur de Comoros Football 269. Un passionné de football africain et un éternel fan de Young Africans (Yanga). Entre le Taarab qui m'inspire et d’être possédé au moindre lyrics d'un Igwadu, je demeure au moins un Makua de culture Swahili.

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