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Crystal Valley, l’entreprise de pêche bénéficiaire du marché de la FFC

Convoqués et entendus par la Brigade Judiciaire de la Gendarmerie Nationale, d’anciens membres de l’ancien Comité Exécutif National se retrouvent au cœur d’un scandale financier. Un marché d’achats équipements sportifs n’ayant pas respecté les procédures embarrasse les anciens membres du CEN de la FFC. Entre la désignation le 6 décembre 2018 de Crystal Valley Company Ltd pour un offre de 165 687,16 dollars et un virement de 165 680,60 dollars à Traknsport Ldt le 31 mai 2019.

Ce marché dont certains éléments restent encore flous, pourrait donc s’élever à 331 167,76 dollars. Depuis l’éclatement de cette affaire, les membres de l’ancien Comité Exécutif National (CEN) se rejettent mutuellement les responsabilités. Évoquant à répétition un document dont au passage comporte pleines d’incohérences. Et si au-delà des doutes qui existent dans ce document, on s’intéressait plutôt à son contenu ?

Le document qui soulève tant d’interrogations

Mariyatta Abdou Chakour, ancienne secrétaire générale de la FFC

Daté du 6 décembre 2018 et non référencé, ce fameux document fait mention de sept soumissions. Parmi elles, des entreprises comoriennes dont certaines affirment n’avoir jamais fait une quelconque offre. L’on retrouve aussi parmi les soumissionnaires une entreprise mauricienne. Répondant au nom de Crystal Valley Company Ltd, elle a été désignée gagnante de ce marché d’équipements. L’une des questions qui reviennent en premier est dans quelles circonstances une entreprise de pêche a pu remporter un marché d’équipements sportifs ? « Crystal Valley Company Ltd a présenté une offre technique intéressante et le moins disant » peut-on lire sur le fameux document.

Les 7 entreprises soumissionnaires et leurs offres présumés

  • Concept (169 647,44 $)
  • Fomboni Shop (224 641,03 $)
  • Comores Intersport (181 525,64 $)
  • Crystal Valley Company Ldt (165 687,16 $)
  • Fine Sports (281 385,00 $)
  • Sport World FX (217 720,00 $)
  • JIF Sports (196 608,70 $)

La seconde, est comment en l’absence d’un appel d’offre international, une entreprise étrangère a eu connaissance d’un marché aux Comores ? Si l’on suit l’argument avancé par l’ancien président, ce marché était « d’ordre privé ». Ce qui est déjà en total incohérence à l’existence d’un document faisant mention d’entreprises soumissionnaires. Sont présumés avoir constitué une Commission de dépouillement des offres et avoir siégé, les personnes suivantes. Mariyatta Abdou Chacour (Secrétaire Général), Msahazi Soilihi (Directeur de développement), Ahmadi Said Ali Mouhousouni (Responsable financier) et Fayssoile Moussa (Chargé de la Communication). Mais comme expliqué dans notre précédent article, l’authenticité d’un tel document reste encore à prouver.

Comment Crystal Valley a obtenu le marché ?

Basée dans la ville de Quatre Bornes, cette entreprise dirigée par Dinesh Kaur Appayya, a basé ses activités dans la vente de produits de pêche. Crystal Valley n’a officiellement aucune compétence ni expérience dans la vente d’équipements sportifs. Pourtant, elle figure parmi les sept soumissionnaires présumées au marché d’achats d’équipements de la FFC. En revanche, le domaine d’activité de monsieur Appayya est le même que celui d’un intermédiaire commun entre lui et la FFC. Président de la MFA, Samir Sobha exerce aussi dans le domaine de la pêche en tant que directeur de Far Océan Mauritius Ltd. Monsieur Sobha entretien des bonnes relations d’amitiés avec l’ancien président Saïd Ali Saïd Athouman. Des relations cimentées par Ahmad Ahmad président de la CAF et qui dépassent le cadre institutionnel. L’apparition de Crystal Valley parmi les soumissionnaires présumées, voire même l’attribution du marché à cette dernière est le fruit de cette relation. Mais l’influence de Samir Sobha va au-delà de ce cas.

Saïd Ali Saïd Athouman, ancien président de la FFC

Parmi les équipements bloqués au Port de Moroni et à l’Aimpsi, se trouveraient des équipements portant la marque Joma. Équipementier espagnole dont, à priori, n’a aucun rapport avec le président de la Mauritius Football Association (MFA). Mais à Maurice, les intérêts de Joma sont représentés par la société Emcar Limited et indirectement par Samir Sobha. C’est à travers ce dernier et un autre dirigeant de la MFA, Nazir Bhowud, que se fait la promotion de Joma. Les équipes nationales de Maurice (jeunes & seniors) ainsi que certains clubs proches de la galaxie Sobha bénéficient par exemples des maillots de cette marque. A titre d’exemple, la saison dernière Pamplemousses SC (dont le responsable Ozair Jaunoo est membre exécutif de la MFA). Le cas aussi d’Entente Boulet Rouge-Riche Mare Rovers (dirigé par Vikash Mootooreeven et aussi vice-président de la MFA) ont été habillés par Joma. Et plusieurs autres exemples dont le futsal.

Étudiant en Mathématiques, fondateur et administrateur de Comoros Football 269. Un passionné de football africain et un éternel fan de Young Africans (Yanga). Entre le Taarab qui m'inspire et d’être possédé au moindre lyrics d'un Igwadu, je demeure au moins un Makua de culture Swahili.

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