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Ayouba Moussa

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Ayouba Moussa : « Rebooster le football comorien par la base »

À la tête de la Direction Technique Nationale (DTN) depuis le 1er février, Ayouba Moussa est désormais le nouveau responsable du développement du football comorien. Titulaire de la Licence B de l’UEFA, il est un parfait connaisseur du football local pour avoir été sur le banc de clubs locaux de 2011 à 2016. Ancien membre du staff technique des Cœlacanthes sous Ali Mbae Camara, il avait déjà travaillé au sein de la DTN en tant que Coordinateur Technique Régional. Il nous parle de son projet…

Dès votre nomination en tant que Directeur Technique National, vos débuts ont été impactés par l’avènement du coronavirus. Quelle marge de manœuvre dispose la DTN durant cette période de crise sanitaire ?

Effectivement, peu de temps après ma nomination, la Covid-19 a été déclarée comme une pandémie mondiale. Elle a ralenti, reporté et annulé beaucoup de choses dans le monde du football. Que ce soient les compétitions ou le fonctionnement des fédérations. Notre champ d’action est quelque peu limité mais personne n’aurait pu prévoir une telle situation. Toutefois, par rapport aux collègues d’autres pays, ma feuille de route est restée inchangée. J’ai beaucoup accès mon travail durant cette période sur tout ce qui est administratif et l’élaboration de projets. Mon plan d’action est déjà établi et remis au Comité de Normalisation pour la FFC. Nous avons pris une avance considérable malgré la pandémie. L’arrivée tardive du coronavirus aux Comores et son évolution nous a aussi permis d’être actifs sur les terrains.

Des écoles régionales pilotes et centres de formation

Ayouba Moussa
Le DTN Ayouba Moussa à Ndzuani à la rencontre des éducateurs

Le football comorien connaît plusieurs difficultés techniques et organisationnelles depuis quelques années. Quelles sont les principales missions qui vous ont été assignées ?

En tant que Directeur Technique National, j’ai pour missions d’accompagner le football comorien dans toutes les catégories. En premier, nous avons comme priorité le football de base. Mon objectif est de rebooster le football comorien par la base. On a déjà établi un questionnaire d’enquête pour faire un état des lieux et connaître les besoins des écoles de foot et centres de formation. Avec mon équipe, nous avons sillonné toutes les régions des trois îles à la rencontre des éducateurs. Ceci afin de leur présenter notre projet et échanger avec eux sur leurs conditions de travail. Une fois que nous aurons rassemblé toutes les données possibles, nous pourrons après analyse, intervenir directement sur les vrais problèmes. L’autre priorité reste le football féminin que nous voulons jumeler avec le scolaire. Nous prévoyons d’intégrer les jeunes filles dans un projet de sport scolaire. Vient après la formation des cadres et l’accompagnement des équipes nationales de jeunes et senior.

Depuis la fermeture de l’Académie Twamaya en 2017, il n’existe pas encore de véritable politique de formation des jeunes. La présidente du Comité de Normalisation a déclaré en avril que le centre va bientôt réouvrir. Quelle place occupera l’Académie Twamaya dans votre projet ?

Effectivement, le centre technique national va réouvrir. J’ai eu à échanger avec les émissaires de la FIFA. Les ingénieurs prévoient de rénover tous les bâtiments existants. Et peut-être si le budget le permet d’en construire d’autres. La pelouse synthétique du Stade de Mitsamiouli sera remplacée par une autre de dernière génération. Les vestiaires ainsi que les tribunes seront aussi rénovés. Ça sera un centre technique neuf. Ce genre d’infrastructure est important pour un pays comme le nôtre. On a besoin qu’il regroupe une certaine élite talentueuse de jeunes joueurs. La procédure de recrutement ne va donc plus être la même.

Avant, la DTN sillonnait les régions pour détecter des jeunes en l’espace d’une demi-journée. Ce que l’on prévoit cette fois, c’est de s’appuyer sur des centres de formation (13 à 17 ans) et écoles régionales pilotes (6 à 12 ans). Nous allons encourager leur création et assurer leur encadrement. C’est à travers ces centres et écoles que nous allons procéder à la détection des joueurs qui intégreront le centre Twamaya. Ça sera un suivi régulier et en étroite collaboration avec les éducateurs. Nous aurons plus d’efficacité avec cette procédure par rapport à la précédente. L’objectif est de former des jeunes capables d’intégrer l’équipe nationale senior mais aussi qui peuvent s’exporter à l’international. Le centre aura comme vocation d’être le plus grand un vivier du football comorien.

Plus de huit jeunes joueurs d’origines comoriennes ont signé professionnels en France durant ce mercato. Avec de nombreux autres jeunes talents de la diaspora, ils constituent un vivier important. N’est-il pas l’occasion de relancer et renforcer les équipes nationales de jeunes ?

Nous suivons avec une grande attention ces jeunes binationaux qui signent professionnels en Ligue 1. Cela démontre que nous avons un vivier de jeunes joueurs très importante en France. Je tiens d’abord à leur adresser toutes mes félicitations. Il est temps que l’on met en place les conditions nécessaires pour qu’ils puissent intégrer nos équipes nationales de jeunes. Je pense que c’est le moment de rassembler toutes les forces vives et collaborer. Du staff technique national senior qui réside en France et la DTN dont aujourd’hui est dirigée par un ressortissant de cette diaspora. Nous devons trouver ensemble les meilleurs moyens de s’approcher de ces jeunes-là. Établir un projet commun et une politique générale à présenter à ces jeunes et leurs proches. Nous devons aussi identifier tous les jeunes de la diaspora afin de leur faire adhérer à notre projet. En attendant que nos centres de formations et écoles de foot portent leurs fruits, il est important de compter parmi nous nos compatriotes évoluant à l’étranger.

Formation de 90 nouveaux éducateurs au niveau national

Ayouba Moussa
Ayouba Moussa, ancien entraîneur de Coin Nord (2014 – 2015)

Suspendues depuis mars en raison du coronavirus, aucun issu n’est encore connu jusqu’à présent concernant les compétitions locales. Où en est-on avec les échanges entre la fédération et le Ministère des Sports à ce sujet ?

Aucun issu n’est claire jusqu’à présent. Les conditions nécessaires pour une reprise ne sont pas encore réunies. La pandémie du coronavirus est une question de santé publique et émanant du gouvernement. La fédération ne peut en aucun moment décider de la reprise des compétitions sans son aval. Toutefois, nous nous sommes entretenus à deux reprises avec le Ministre des Sports sur ce sujet. Nous avons émis des propositions au Ministre lors de notre dernière entrevue ainsi qu’au Conseiller chargé des sports du Président de la République. Nous sommes en attente de l’aval du gouvernement qui se prononcera à base des recommandations du Comité Scientifique.

Il y a deux ans lors d’un échange, vous avez évoqué les difficultés auxquelles font face les entraîneurs locaux. Le manque de considération et l’absence de politique de formation. Qu’avez-vous prévu pour les entraîneurs aujourd’hui en tête de la DTN ?

Effectivement, j’avais souligné ce manque de considération de nos entraîneurs locaux. Toutefois, j’avais aussi précisé que nos entraîneurs n’étaient pas exigeants lors de la signature de leurs contrats. Par conséquent, j’ai ainsi prévu que 90 nouveaux éducateurs seront dispensés d’une formation. Ces éducateurs intégreront les écoles de foot et les centres de formation. Une deuxième formation de recyclage sera dédiée à ceux détenant la Licence C de la CAF et les plus expérimentés de nos entraîneurs locaux. Une fois ces deux étapes franchises, nous allons obliger à tous les clubs de D1 à avoir un entraîneur diplômé à partir de la saison 2021-2022. Par conséquent, la DTN exigera en contrepartie, que le clubs proposent des contrats solides dont les conditions minimales seront fixées par la fédération. Les modalités du contrat seront discuté entre le club et l’entraîneur.

En solidarités avec leurs associations membres, la FIFA et la CAF ont octroyé des subventions à la FFC. Etant les premiers touchés par la crise sanitaires, les clubs pourront-ils en bénéficier de ces aides ?

En effet, nous pourront en bénéficier bientôt de ces subventions. Mais avec le statut de normalisation de la fédération, nous devons au préalable soumettre des projets. Des justificatifs seront aussi exigés sur l’utilisation de cette aide. Et concernant les clubs, nous les avons fait parvenir un questionnaire pour connaître leurs besoins. Que ce soit au niveau financier, matériel, médical ou autres. On attend encore les réponses de tous les clubs pour pouvoir réagir. Seront concernés par ses aides, les clubs de D1, D2, D3, les arbitres et d’autres acteurs du football comorien.

Propos recueillis par Boina Houssamdine

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Étudiant en Mathématiques, fondateur et administrateur de Comoros Football 269. Un passionné de football africain et un éternel fan de Young Africans (Yanga). Entre le Taarab qui l'inspire et d’être possédé au moindre lyrics d'un Igwadu, il demeure au moins un Makua de culture Swahili.

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