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Interview

André Razafy : « Avec Volcan Club, chaque match est une finale »

André Razafy : « Avec Volcan Club, chaque match est une finale »

Évoluant à Volcan Club depuis 2014, nous nous sommes entretenus avec le doyen des joueurs malgaches encore en activité aux Comores. Né dans la province d’Antananarivo et grandi à Majunga, André Razafy (31 ans, milieu) est un joueur avec un palmarès bien garni. A son actif, une Coupe de Madagascar, 2 championnats des Comores, une Coupe de la Ligue et 2 Coupes des Comores.

Bonjour André Razafy, vous évoluez depuis cinq ans à Volcan Club. Pouvez-vous nous parler un peu de vous et de votre dernier club avant de débarquer à Moroni ?

André Razafy, milieu défensif de formation. Polyvalent, je joue aussi dans plusieurs postes. Avec Volcan Club, j’évolue en tant que latéral droit, milieu et même excentré. Mais je donne toujours le maximum quelque soit le poste qu’on me fait jouer. Jusqu’en 2013, j’évoluais encore à Majunga dans un club appelé TCO (Terrible de la Côte Ouest). C’est un club de quartier mais qui a réussi à réaliser quelque chose de grand. En 2012, on réalise l’exploit en remportant la Coupe de Madagascar. On participe à la Coupe de la Confédération de la CAF l’année après jusqu’au deuxième tour préliminaire où on était éliminé par Ismaily d’Egypte (2-0 & 2-2). C’est là où un frère du président Chemir Kamoula à Majunga m’a contacté avec deux autres joueurs et qu’on a rejoint par la suite Volcan Club de Moroni.

André Razafy sous les couleurs de Volcan Club de Moroni – Saison 2018

On est devenu l’équipe à battre, la pression fait partie du quotidien

Cela fait déjà presque deux mois que la saison 2019 a été lancée. Votre club est champion des Comores en titre, il n’y pas trop de pressions en ce début de saison ?

Le championnat est beaucoup plus compliqué cette saison que les années précédentes. La pression y est toujours dans une équipe comme Volcan Club. Mais on va se battre pour garder notre titre. On est tout le temps animé par cette envie de victoires et de trophées. La pression fait partie du quotidien. Les autres équipes se renforcent aussi d’une saison à une autre pour pouvoir nous rivaliser. On n’aura pas droit à l’erreur mais tout se passe bien pour le moment.

Vous faites partie désormais des cadres du club, quelles relations entretenez-vous avec les jeunes et les nouvelles recrues ?

Il y a une bonne cohésion entre nous et les jeunes ainsi qu’aux nouvelles recrues. Ces dernières s’intègrent bien dans le groupe. On leur prodigue des conseils et veillons à ce qu’ils s’impliquent davantage dans le projet. On essaye aussi de les sensibiliser sur les enjeux qui nous attendent. Les rencontres ne sont pas aussi faciles à aborder. On est devenu l’équipe à battre. Avec Volcan Club, chaque match est une finale. Mais je pense qu’ils en ont bien conscience. Aux entraînements ils se donnent à fond pour être prêts à cent pour cent les jours de match.

Célébration de but du jeune Nabil Ali Mchangama avec André Razafy et le jeune Habib Youssouf

On peut faire des exploits avec des meilleurs conditions de préparation

Cinq ans après votre arrivée à Moroni, quel regard portez-vous sur la progression de votre club et du football comorien en général ?

Depuis mon arrivée en 2013, l’équipe a beaucoup évolué. Il y a eu des progressions au niveau du jeu et dans l’organisation. Cela se voit aussi dans les différentes compétitions internationales qu’on a eu à prendre part. On évolue petit à petit et pas seulement que Volcan Club. Il y a de la progression aussi chez certains clubs du pays. Ce qui est tout à fait naturel. Quand un club met la barre un peu trop haute, les autres essaient de suivent le rythme. Et tout cela est important pour faire évoluer le football comorien. Ce qu’il nous reste maintenant c’est d’accéder à la deuxième phase d’une compétition africaine. Une étape que les clubs comoriens n’ont pas encore réussit à franchir.

Justement, qu’est-ce qui manque encore, selon vous, aux clubs comoriens pour franchir ce palier ?

Je pense qu’une part il nous manque de la préparation. On aurait aimé par exemple avoir une à deux semaines de mis au vert avant d’aborder de telles compétitions. Ce qui n’est souvent pas le cas pour les représentants des Comores à l’international. Il y a aussi une question de confiance. Il faut motiver les joueurs. On part parfois avec l’idée qu’on ne peut pas se qualifier et on se contente juste de la participation. Et pourtant avec des meilleures conditions de préparation, on peut faire des exploits. On a énormément besoin d’être soutenus dans ces genres de compétitions.

André Razafy avec Volcan Club de Moroni en championnat des Comores

Au-delà du soutien moral et de la préparation, n’est-ce pas aussi un problème d’ordre financier ?

Cette question je pense qu’il faudrait la poser aux dirigeants des clubs. C’est eux qu’ils pourront donner plus de détails. Ne pas oublier qu’ils font beaucoup d’efforts pour honorer les contrats des joueurs et veillez au bon fonctionnement de l’équipe tout au long de la saison. Les compétitions internationales nécessitent un budget colossal et d’après ce que l’on entend, il n’y a pas de subvention financière dédiée aux représentants comoriens à l’international.

En 2018 vous avez réalisé le doublé Championnat et Coupe de la Ligue. Quels sont vos objectifs cette saison ? Le triplé est envisageable ?

En 2016, on avait échoué dans toutes les compétitions à cause de divers problèmes administratifs. Mais on s’est remis en marche et l’arrivée de coach Jambay nous a aussi fait du bien. Cela a toujours fait partie de nos objectifs de remporter tous les titres nationaux. C’est un projet qui est en place depuis trois ans. On a réussi l’année dernière à réaliser le doublé Championnat et Coupe de la ligue. Cette saison on espère conserver nos titres et remporter la Coupe des Comores pour réaliser le triplé.

Très fier de de la qualification historique des Barea à la CAN 2019

En juillet prochain, Madagascar va prendre part à sa toute première CAN de son histoire. Comment avez-vous vécu la qualification des Barea ?

En tant que malgache, c’est une fierté. De plus qu’il s’agit de la première fois dans l’histoire que Madagascar se qualifie à la CAN. On est très contents et fiers de ce que les Barea ont accompli. Même si on ne réside pas au pays, c’est un événement qui a marqué tous les malgaches à travers le monde.

André Razafy sous les couleurs de Volcan Club au Stade de Moroni

Petit, vous aviez une fois pensé à intégrer le groupe des Barea ?

Evidemment, dès l’enfance tout le monde s’imagine en équipe nationale. Pour moi c’est vers 17-18 ans que cela me tenait beaucoup à cœur. Mais tout le monde ne peut pas être sélectionné. De plus mes performances n’étaient pas aussi élevées par rapport à d’autres. Je ne me sous-estime pas mais il y avait quand même de très bons joueurs à Madagascar à l’époque.

Vous avez un palmarès intéressant et une régularité en compétitions africaines avec Volcan Club. Peut-on encore espérer un jour André chez les Barea ?

Actuellement c’est plus possible. J’approche les 32 ans, je pense déjà à prendre ma retraite d’ici deux à trois ans. Et encore sans minimiser le niveau du football aux Comores, les autorités malgaches ne s’intéressent pas encore au championnat comorien. C’est loin d’être leurs priorités. Pourtant on retrouve de très bons joueurs qui pourraient intégrer l’équipe nationale. Mais je pense cela va évoluer dans les années avenir. Le championnat comorien est en constante progression. Peut-être que dans les futures générations, on retrouvera des malgaches évoluant aux Comores chez les Barea.

Propos recueillis par Boina Houssamdine

Étudiant en Mathématiques, fondateur et administrateur de Comoros Football 269. Un passionné de football africain et un éternel fan de Young Africans (Yanga). Entre le Taarab qui m'inspire et d’être possédé au moindre lyrics d'un Igwadu, je demeure au moins un Makua de culture Swahili.

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