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Interview

Saïd Athouman : « Privilégier l’intérêt de la fédération » – Partie II

Six mois après son élection à la tête de la Fédération de Football des Comores (FFC), le président Saïd Ali Saïd Athouman nous a accordé un entretien pour évoquer ces premiers mois de mandats. Des différentes réformes aux compétions locales en passant par l’équipe nationale, il nous livre sa vision et sa politique à la tête du football comorien.

Partie II :

Lire la Partie I : « Apporter de la transparence dans nos actions »

Le football féminin semble être pris à la légère par les autorités fédérales entre retard du championnat et absence d’une Coupe des Comores féminine. Une nouvelle saison du championnat vient d’ailleurs d’être lancée mais sans que la précédente est allée à son terme. Comment expliquez-vous ce cas ?

Saïd Ali Saïd Athouman : Comme je l’ai expliqué précédemment, le fonctionnement du football féminin dépend entièrement de l’appui de la FIFA. S’il y a parfois un retard c’est en partie lié à son financement. Ce qui s’est passé la saison dernière est qu’en plein championnat, le Comité Exécutif a été dissous en novembre. Ce qui a engendré la suspension toutes les activités de la fédération. Ce n’est qu’en février avec les nouvelles élections que nos partenaires de la FIFA ont de nouveau manifesté leur soutien.

Après plusieurs échanges avec les responsables des clubs de football féminin et les ligues, on s’est mis d’accord de repartir sur des nouvelles bases après des mois de crises avec un budget bien définit. Et être sûr que l’on pourra finir cette fois-ci la saison avec des bonnes conditions.

Au-delà du championnat local, l’équipe nationale féminine est au point mort. Aucune compétition officielle depuis 2014, seulement 3 matchs amicaux en 4 ans et plusieurs forfaits dont le dernier en date la CAN féminine 2018. Quelle est la politique du nouveau Bureau Exécutif pour relancer la discipline ?

Saïd Ali Saïd Athouman : On aimerait faire comme les autres et structurer le football féminin à partir des catégories de jeunes. Nous aimerions aussi mettre en place une ligue spéciale pour le football féminin mais le financement nous pose un grand problème. On doit absolument trouvez des partenariats pour accompagner la discipline des compétitions nationales à l’équipe nationale même si l’apport des entreprises locales n’est pas aussi considérable que dans d’autres pays.

L’équipe nationale va recevoir le Cameroun début septembre puis enchaîner avec une double confrontation contre le Maroc en octobre et faire face au Malawi en novembre. Où en est-on dans la préparation de ces matchs importants des éliminatoires de la CAN 2019 ?

Saïd Ali Saïd Athouman : On se prépare déjà de notre côté. C’est un calendrier difficile dont nous aurons énormément besoin de l’accompagnement de l’Etat. On a déjà transmis tous les documents nécessaires concernant ces rencontres au Ministère des Sports. Nous espérons aussi que nos joueurs seront au meilleur de leurs formes. Des matchs contre le Cameroun et le Maroc nous permettront d’avoir de la visibilité à l’international et la possibilité de montrer une bonne image du football de notre pays. Cela ne sera pas facile devant le champion d’Afrique en titre et un mondialiste, mais nous pouvons aussi réaliser un exploit.

Des rencontres de grande envergure qui nécessitent un stade de grande capacité. Mais plusieurs observateurs estiment que la pelouse de Mitsamiouli est dans un très mauvais état. Etes-vous au courant de cette situation ?

Saïd Ali Saïd Athouman : Nous sommes bien au courant, il y a plusieurs travaux à effectuer. On a un projet avec la FIFA pour la renouveler. Il y a aussi les travaux de la route de Hahaya – Mitsamiouli qui ne seront pas achevés avant le match contre Cameroun. Nous avons déjà informé la CAF de l’état actuel du stade de Mitsamiouli. Mais nous n’avons pas encore pris de décision au niveau du bureau exécutif. C’est de toute façon le commissaire du match de prendre la décision finale s’il maintient le match dans ledit stade ou si le match aura lieu à Moroni.

Saïd Ali Saïd Athouman, nouveau président de la Fédération de Football des Comores (FFC)

Dans un entretien accordé au quotidien La gazette des Comores, Ben Amir Saadi a évoqué une situation pas très claire entre l’équipementier des Cœlacanthes et la fédération. Quelle relation entretenez-vous avec les responsables de Maana Sport ?

Saïd Ali Saïd Athouman : La création de Maana Sport était une bonne chose. C’est parti d’une bonne intention et l’équipementier a beaucoup apporté à l’équipe nationale. Mais on est arrivé à un moment où il faut imposer des conditions et faire des choix. Je profite aussi pour rappeler qu’il n’y a jamais eu de contrat entre Maana Sport et la fédération. S’il y a un contrat ou une proposition de contrat, cela reste dans l’informel car un contrat doit être signé entre les deux parties. Et il y a des obligations et des droits qui les engagent.

A mon arrivée j’ai hérité de cette situation mais je dois privilégier l’intérêt de la fédération avant tout. Il est vrai qu’on a reçu des propositions de l’équipementier italien Errea mais on a posé aussi un certain nombre de conditions malgré un offre intéressant. On attend un retour de leur part, rien ne presse. On peut repartir sur des bonnes bases en signant officiellement un contrat avec Maana Sport tout comme on peut signer avec Errea. Rien n’a été tranché pour l’instant.

L’Académie Twamaya a fermé ses portes depuis octobre 2017 pour des problèmes financier. Quel avenir pour le centre de formation ?

Saïd Ali Saïd Athouman : Le centre tel qu’il fonctionnait n’a pas apporté ses fruits. Il n’y a pas eu des jeunes de l’Académie qui ont développé un grand potentiel. De plus si l’on se concentre seulement que sur l’Académie Twamaya, c’est juste 25 à 30 jeunes pour chaque génération (sur une durée de 3 ans) sur le territoire national. Il y a beaucoup de choses à revoir sur la politique de développement du football des jeunes de la détection et à l’encadrement.

Notre approche est dans un premier temps d’accompagner les différentes écoles de football du pays et impliquer le maximum de jeunes au niveau national. Puis par la suite sélectionner une élite parmi eux et faire un à deux ans ensemble à l’Académie, qui sera une sorte de centre d’excellence. Mais avant tout, il faut restructurer le football des jeunes et mettre en place une stratégie de détection et d’encadrement.

Le président Gianni Infantino a annoncé au 68ème Congrès de la FIFA que chaque fédération recevra 6 millions de dollars par cycle pour des projets de développement. Quels sont les projets prioritaires que vous allez soumettre à ce programme ?

Saïd Ali Saïd Athouman : On a une Commission de développement qui travaille déjà sur des projets au niveau des îles. On se prépare et il en a beaucoup qui sont éligibles tels que les infrastructures. On voudrait améliorer les infrastructures existantes et en rendant le maximum de terrains praticables au niveau de chaque île. A défaut de rénover tous les terrains mais faire en sorte que dans chaque région il y ait au moins un stade de référence qui peut accueillir toutes les équipes de cette zone géographique.

Mais il y a aussi d’autres projets qui peuvent être éligibles. Par exemple, on aimerait mettre en place un Plan stratégique de développement du Football comorien quadriennal ou quinquennal. On aura dans ce cas besoin d’expertise qui requiert un financement. On aimerait aussi soumettre un projet de subvention pour les équipes locales qui sont démunies.

Parmi les projets en cours, la rénovation du Stade de Sima par la FIFA. Les travaux sont à quel niveau ?

Saïd Ali Saïd Athouman : Il y avait des retards dû à une sous-évaluation des travaux. Quand les gens se sont rendu compte, il fallait encore d’équipements supplémentaires qui n’étaient pas à Ndzuani à ce moment-là. Ces derniers sont arrivés par la suite avec les Chinois et ils viennent actuellement de terminer les phases préparatoires qui permettront à l’entreprise qui a été retenue par la FIFA de continuer avec la pause de la pelouse synthétique.

Pour finir, le Stade de Hombo n’est toujours pas homologué par la FIFA et ce depuis 2012 que le stade est en service. Une situation qui oblige des clubs de Ndzuani de se déplacer à Moroni ou Mitsamiouli en cas de match d’inter-clubs de la CAF. Où en est-on avec ce dossier ?

Saïd Ali Saïd Athouman : On a rencontré la commission qui gère le stade récemment à Mutsamudu et on a fait un point sur la situation. La commission a d’ailleurs lancé quelques travaux et nous étudions ensemble sur l’ensemble des travaux supplémentaires nécessaires pour que le stade répond aux normes internationales.

Mais il y a aussi d’autres critères qui n’ont rien avoir avec le stade lui-même mais qui relève par exemple des standings des hôtels ou des infrastructures sanitaires. La priorité pour nous est d’homologuer le stade en réalisant quelques travaux préalables propres au stade. Maintenant sur la possibilité d’accueillir des équipes étrangères cela dépendra de l’appréciation des experts de la FIFA.

Propos recueillis par Boina Houssamdine, lundi 2 juillet à Moroni.

Étudiant en Mathématiques, fondateur et administrateur de Comoros Football 269. Un passionné de football africain et un éternel fan de Young Africans (Yanga). Entre le Taarab qui m'inspire et d’être possédé au moindre lyrics d'un Igwadu, je demeure au moins un Makua de culture Swahili.

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