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Football, Proposition : Comment professionnaliser le football des Comores ?

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Proposition : Comment professionnaliser le football des Comores ?

Le football en Afrique a encore du chemin à faire pour prétendre être au diapason de ce qui se fait le mieux à travers la planète, voire rivaliser avec celui des autres parties du monde, surtout de l’Europe. Dans la plupart des pays du continent, l’organisation de la pratique du ballon rond, qui aurait dû passer au professionnalisme, contribuant ainsi à résorber le chômage des jeunes, en est encore au stade de l’amateurisme. Rares sont les clubs qui disposent d’infrastructures sportives et de formation adéquates offrant des conditions de vie décentes à leurs joueurs. Les structures sont encore mauvaises et les moyens très limités.

La FIFA et la CAF disposent des sections qui accompagnent les fédérations à professionnaliser le football de leur pays. Ils ont des experts spécialisés dans le domaine qui ont pour rôle de diagnostiquer et venir en aide (structuration) aux fédérations voulant passer à la professionnalisation. Cela passe à l’organisation des instances footballistiques, des infrastructures et des médias. Ainsi, la Fédération de Football des Comores en partenariat avec l’Etat devrait lancer des programmes au niveau des infrastructures, et davantage un renforcement des compétences des différents intervenants dans le domaine du football (journalistes, arbitres, entraîneurs, managers, etc.).
Le véritable problème du football comorien réside aujourd’hui dans le déficit criard d’infrastructures et bien sûr le manque de structuration des clubs. Voilà pourquoi la promotion du professionnalisme semble être la solution idoine. Toutefois, il faut des préalables.

Football, Proposition : Comment professionnaliser le football des Comores ?
Des états généraux du Sport et de l’Education physique devront être tenu dans le pays et des ateliers dédiés au football doivent se pencher à la professionnalisation du football comorien. Réfléchir et établir les statuts de la nouvelle Ligue de Football Professionnel des Comores. Déjà la FFC et le Ministère prévoient d’unir en une seule phase nationale le championnat des Comores avec 16 clubs en Division 1. Une bonne occasion pour bien franchir ce pas avec la professionnalisation.

Quant au financement, comme le font d’autres pays, les clubs doivent bénéficier de l’appui financier de l’Etat et les épauler pour leur permettre de se transformer en véritables sociétés sportives. Ces sommes seront destinées principalement à la rémunération des joueurs et d’autres subventions avec des contraintes à respecter par toutes les parties. On a la chance dans notre pays que les spectateurs sont activement présents aux stades. A l’actif de la nouvelle Ligue, on devrait signaler la création d’une dynamique nouvelle autour du concept du professionnalisme.
Le problème des infrastructures reste le talon d’Achille de ce championnat : à l’horizon 2019 le pays ne disposera guère que de 5 stades acceptables (Mitsamiouli, Hombo, Moroni, Fomboni et Malouzini (2019)). Les autres stades accueillant les matchs du championnat de D1 sont dans de mauvais états et suivant les saisons, on joue soit dans la poussière soit dans la boue ce qui ne permet pas toujours une bonne expression des talents.

Perspectives…

En l’état actuel de la mise en place du professionnalisme notamment pour le cas des Comores, trois constats majeurs se dégagent :

  1. Le professionnalisme nécessite beaucoup de moyens (financiers et infrastructurels) dont beaucoup de clubs ne disposent pas encore. Aux Comores, il faut au minimum des millions de francs comoriens à un club pour fonctionner et payer ses joueurs à un niveau acceptable. Les subventions étatiques permettront d’assurer le tiers ou la moitié de ce budget ;
  2.  La mise en place d’organes de régulation devant accompagner de manière pédagogique, mais rigoureuse l’entrée des clubs dans cette nouvelle dynamique.
  3.  Le manque d’infrastructures est criard : quand elles existent, elles sont inadaptées à l’expression des talents des joueurs.

Par conséquent, l’émergence véritable du professionnalisme aux Comores passera inévitablement par :

  • La restructuration des clubs par la constitution d’un actionnariat stable capable d’inspirer confiance aux investisseurs. Beaucoup de clubs restent fragilisés par des querelles intestines et de leadership ;
  • L’implication de l’Etat par la prise de mesures fiscales incitatives, la promotion des programmes d’équipement en infrastructures de proximités de moyenne capacité.
  • La révolution mentale au niveau des promoteurs et présidents de clubs : l’argent seul ne suffit pas, il faut que les responsables de clubs acquièrent l’esprit du professionnalisme : il faut s’organiser en véritable entreprise sportive qui a vocation à créer de la valeur ajoutée.

Ce projet n’est pas aussi facile mais faisable car de nombreux pays africains l’ont déjà établi. Comme le dit l’ancien Président de la CAF, Issa Hayatou, « Vouloir professionnaliser le football c’est bien, mais pour cela il faut une organisation rigoureuse ».

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Étudiant, fondateur et administrateur de Comoros Football 269. Un passionné de football africain et un éternel fan de Young Africans (Yanga). Entre le Taarab qui l'inspire et d’être possédé au moindre lyrics d'un Igwadu, il demeure au moins un Makua de culture Swahili.

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