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Infrastructure

Manque d’infrastructures : un handicap pour l’épanouissement de la jeunesse

Dès l’accession des Comores à l’indépendance, le milieu sportif n’a jamais cessé de réclamer la mise en place de bonnes infrastructures au pays : des stades de football, des salles de basketball, des piscines olympiques, etc. Les Comores, un pays passionné des divers sports, ne disposent malheureusement pas d’infrastructures de qualité. Les rares qui y sont, ne répondent pas aux normes en qualité comme en capacité et ne sont pas entretenues régulièrement.
Ce travail, en effet, consiste à conscientiser le peuple sur le manque d’infrastructures sportives qui se fait sentir au pays et l’impact de ces dernières au niveau de la jeunesse sportive. Il est question de faire un état de lieu de la situation dans toutes les disciplines sportives, de l’importance de nouvelles installations sur l’avenir de la jeunesse et terminer sur le rôle primordial que l’Etat devrait jouer sur l’installation de nouvelles infrastructures répondant aux normes.

L’absence d’infrastructures sportives

Nos îles souffrent paradoxalement d’un manque criard d’infrastructures sportives. Les villages, villes, régions et îles ne sont pas dotés, pour la plupart, d’aires de jeu. C’est donc en toute logique que les jeunes sportifs envahissent les jardins, les parkings, en grosso-modo tout ce qui peut constituer un terrain pour laisser libre cours à leurs envies de jouer, surtout le football. Le gouvernent en partenariat avec les divers structures sportives doivent impérativement entreprendre un vaste chantier de réalisation et réhabilitation d’infrastructures sportives de qualité, dans le but d’améliorer sensiblement les performances des sportifs comoriens.

Le constat est très amer dans notre pays où on ne dispose que de trois stades de football aux normes avec des gazons synthétiques, d’une capacité variant entre 2000 à 4500 places assises. Deux de ces stades sont financés par des projets Goals de la FIFA (Stade Said Mohamed Cheikh de Mitsamiouli, inauguré en 2007 et Stade de Moroni, inauguré en 2015) et l’autre est financé par une société turque (Stade de Hombo à Mutsamudu, disposant d’une piste d’athlétisme, inauguré en 2012). Un autre stade à Fomboni (Stade El Hadj Matoir) dispose désormais d’une pelouse synthétique et comme les précédents, encore financé par un projet Goal de la FIFA. Les autres stades ont des aires de jeu complètement dépourvues de gazon et de tribunes.

Stade de Hombo accueillant des matchs des clubs locaux

Avec les autres disciplines sportives, on retrouve un seul gymnase à Mutsamudu qui ne répond pas aux normes internationales mais qui permet aux jeunes passionnés de pratiquer leurs disciplines. Ces quelques rares infrastructures ne peuvent pas contenir tous ces nombreux jeunes, férus de sport et ne peuvent encore résoudre le manque cruel d’installations sportives dans l’ensemble du territoire national. Comment peut-on avoir de bons nageurs si ceux qui veulent s’adonner à cette discipline n’ont pas accès à une piscine olympique ? C’est le même désert infrastructurel pour les arts martiaux et le basket. Le projet du complexe sportif de Malouzini (10 726 places assises avec une piste d’athlétisme), financé à hauteur de six milliards par la Chine dont les travaux sont en cours, demeura la seule installation sportive de référence aux Comores. Mais un seul complexe sportif ne peut pas remédier à toutes les difficultés que rencontre la jeunesse sportive.

Le manque d’installations sportives handicape la jeunesse

L’absence d’infrastructures et d’espaces susceptibles d’aider à l’éclosion des talents des jeunes sportifs surdoués, interpelle les responsables et décideurs locaux sur la nécessité de construire et équiper des salles de sport et stades afin de sauver de la dérive les jeunes et leur permettre de réaliser des résultats qui honoreraient leurs villes et leur pays. Dans les régions reculées, des jeunes se plaignent de l’absence d’infrastructures indispensables pour l’exercice de leur passion et l’éclosion de leur talent dans le domaine sportif. C’est un constat très décevant que notre pays ne dispose pas d’infrastructures suffisantes pour satisfaire les besoins de leurs habitants en termes de pratique sportive et de loisirs. De petits espaces de jeu ne peuvent résoudre le manque cruel d’installations sportives dans notre pays. Et pourtant sans les infrastructures, on ne peut pas parler de football ou de sport. Aussi, sans infrastructures sportives, on ne peut pas parler d’une jeunesse active.

Les sportifs comoriens font face à un réel manque d’infrastructures sportives qu’il est nécessaire de combler afin d’encourager la pratique du sport chez les jeunes et plus généralement pour toutes les personnes souhaitant exercer une activité sportive. Le sport est un facteur de développement mais aussi un moment de communion entre toutes les générations. La construction de nouveaux espaces sportifs favoriserait aussi bien l’organisation de compétitions scolaires et extrascolaires et mais également contribuerait au développement de la formation des sportifs professionnels. Les quelques petites infrastructures sportives existantes ne peuvent pas contenir tous ces nombreux jeunes, passionnés de sport en général. Malgré toutes ces conditions défavorables, les jeunes sont déterminés à réaliser leurs ambitions sportives. D’où la nécessité de construire des stades pour permettre à ces jeunes d’exceller dans leurs disciplines respectives.

Stade El Hadj Matoire avec sa nouvelle pelouse synthétique.

Conscientiser le milieu sportif comorien

L’absence d’infrastructures sportives ne touche pas seulement les passionnés de football, qui reste le sport le plus pratiqué au pays. En fait, elle affecte aussi toute personne qui exerce une activité sportive quelconque. Et si cette personne réussit dans son cursus sportif, c’est uniquement grâce à ses propres efforts et au soutien que lui fournit sa famille. C’est dans cet optique que les amoureux du football, volleyball, basketball, natation et autres disciplines sportives doivent lancer un même cri d’alarme pour que des infrastructures sportives puissent être construites ou réhabilitées et qu’elles puissent être mises à la disposition des talents qui s’évaporent dans la nature.

La question du financement

Un point important à relever est le financement de ces infrastructures sportives. Ce thème est un aparté qui n’est pas assez développé dans ce travail, mais vu son importance dans la réalité nous nous devons de l’évoquer.
L’aspect financier est en quelque sorte le nerf de la guère. C’est un sujet de grandes tensions vu la situation économique chaotique des Comores et un frein à de nombreux projets de développement de nouvelles infrastructures sportives. Actuellement, de nombreux projets d’infrastructures ne voient pas le jour faute de financement nécessaire des pouvoirs publics.

L’Etat doit prendre ses responsabilités

Les infrastructures sportives aux normes ont toujours tissé un rapport fort et subtil avec un pays. Cette relation fonctionne dans les deux sens. Le pays offre un contexte, des espaces publics et des visiteurs aux infrastructures. En retour, le pays va recevoir des nouveaux pôles et un dynamisme fort. Pour répondre aux exigences des activités sportives, les Comores ont forcément besoin d’infrastructures qui répondent aux normes internationales. Pour cela l’Etat doit être le premier à s’engager dans cette réforme en essayant au moins de construire dans chaque île un stade et un complexe sportif qui seront adéquats aux besoins des populations de cette localité.

Certes l’Etat ne peut pas tout faire, mais avec une bonne politique d’investissement, il peut construire des nouvelles infrastructures avec des fonds privés, locaux ou étrangers. Dans un contexte de crise mondiale, tout l’enjeu est de bâtir des modèles économiques solides, pour favoriser des investissements positifs à long terme. Ce qui implique, par exemple, d’anticiper les coûts de maintenance bien avant de poser la première pierre, pour savoir comment attirer des investisseurs privés, et encourager ainsi un modèle de vie qui est à la fois économique, culturelle et sociale. De nombreux pays optent souvent pour ce modèle de financement qui prouve qu’il est possible de construire des infrastructures sans financement étatique.

Il faut reconnaître pour pouvoir prétendre à organiser un événement sportif ou à des résultats sportifs fameux qu’il est nécessaire de se doter d’abord d’infrastructures sportives modernes. Le ministère des Sports doit revoir ce problème qui devient de plus en plus pesant sur toute l’étendue du territoire national. S’il n’y a pas d’infrastructures sportives aux normes, il ne faudrait même pas espérer avoir des professionnels au niveau local. Autrement dit, le sport comorien sera toujours de bas-niveau. C’est qui est vraiment regrettable.

Recommandations :

• L’Etat est le premier responsable de ce manque d’infrastructures et doit :
• Elaborer un vaste programme de réhabilitation de certaines aires de jeu pour le sport de masse et ainsi susciter l’engouement des jeunes pour le sport ;
• Avoir un programme national de développement local affin de permettre à toutes les régions de nos îles de disposer d’installations sportives avec des capacités adéquats aux besoins de la population avec les normes qu’il faut ;
• Améliorer la performance des sportifs afin de leur permettre de pratiquer les disciplines de leur choix. Sans de bonnes infrastructures sportives, il ne peut y avoir de performance et donc pas progrès au niveau du sport ;
• Attirer des investisseurs privés locaux / étrangers pouvant financer les travaux nécessaires dans le domaine sportif ;
• Tenir ses promesses ;
• Une bonne gouvernance est également un facteur clé de réussite à long terme.
De la conception à la gestion de ces projets, toutes les parties prenantes doivent donc travailler main dans la main, en tant que partenaires.

Article initialement publié par l’auteur sur Comores 2016-2021

Étudiant en Mathématiques, fondateur et administrateur de Comoros Football 269. Un passionné de football africain et un éternel fan de Young Africans (Yanga). Entre le Taarab qui m'inspire et d’être possédé au moindre lyrics d'un Igwadu, je demeure au moins un Makua de culture Swahili.

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