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Coupe du Monde, « Droit au rêve », fiction d’une Coupe du Monde des Comores, Comoros Football 269 | Portail du football des Comores
L'ancien président des Comores Ahmed Abdallah Sambi avec le trophée de la Coupe du Monde au Stade de Mitsamihuli le 23 novembre 2009

Coupe du Monde

« Droit au rêve », fiction d’une Coupe du Monde des Comores

À la Coupe du Monde 2038, les Comores déjouent tous les pronostics en terminant premières de leur groupe et poursuivant l’aventure jusqu’à s’inviter dans le dernier carré. Un exploit pour ce petit pays de l’Océan Indien qui est à sa première participation.

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C’est l’explosion de joie dans l’archipel des Comores après la victoire en quart de finale contre le Mexique. Menés à la pause, les Cœlacanthes renversent la vapeur au retour des vestiaires et l’emportent sur le gong grâce à un doublé de Kassim Mlatamu (70è & 90è+2), l’attaquant du Djando FC. Révélation de cette Coupe du Monde, le groupe d’Ibrahim Karidudja poursuit sa belle aventure et fait encore rêver son 1,3 million d’habitants.

Il y a encore vingt ans, une place en demi-finale de Coupe du Monde pour les Comores restait dans le domaine de la fiction. Cet archipel de quatre petites îles de 2 236 km2 était encore inconnu sur l’échiquier du football mondial. En Afrique, rares sont ceux qui savaient le situer sur une carte. Et puis tout bascule avec la CAN 2021. Les Cœlacanthes participent pour la première fois et terminent leur aventure en huitièmes de finale. Le continent et le monde découvrent cette équipe ambitieuse à l’époque dirigée par le sélectionneur Amir Abdou. « On a alors pris goût pour les grandes compétitions », se souvient Saïd Bashasha, fervent supporter de l’équipe nationale.

Formation de qualité et professionnalisation

Mais trois ans plus tard, le football comorien traverse une crise majeure. Resté toujours au stade d’amateur, le football local n’intéresse plus des masses. Certains clubs historiques se retrouvent en troisième division faute de moyens et le niveau du championnat laisse à désirer. Les rares talents qui émergent quittent très tôt le pays pour les autres championnats africains et très peu en Europe. Enfin, l’équipe nationale jusqu’ici composée majoritairement de joueurs de la diaspora est en perte de vitesse. C’est alors que certains acteurs proposent des pistes pour restructurer le football comorien dans son ensemble. Un tournant s’opère.

En 2025, la Fédération de Football des Comores (FFC) organise des assises nationales pour le football. Parmi les décisions retenues, la construction de nouvelles infrastructures, la multiplication des centres de formations et la professionnalisation du championnat avant la fin de la décennie. En mars 2029, de plus de l’Académie Twamaya, le pays comptait cinq autres centres d’élites. Trois d’entre eux sont soit entièrement financés par des grands clubs d’Europe ou en partenariat stratégique avec ces derniers. Il faut dire que l’Etat a aussi joué un rôle diplomatique non négligeable sur leur mise en place. Enfin, depuis la saison 2028-2029, l’archipel dispose d’un championnat professionnel de 14 équipes : la Comoros Gold League.

En constante progression depuis la CAN 2031

« C’était la seule voie à suivre pour espérer de nouveau côtoyer les grandes nations, se félicite l’actuel Ministre des sports Abdallah Mbapandza et premier Président de la ligue professionnelle. Ils étaient nombreux ceux qui prédisaient notre échec à l’issue de la première saison. Dix ans après, le Karthala SC compte une Ligue des champions africaine et participe depuis deux ans à la Super League de la CAF ». Les réformes entreprises ont en effet radicalement changé le visage du football comorien. De plus du KSC, l’Olympique de Shisiwani et Djando FC se font fait un nom sur la scène continentale. La Gold League regorge aujourd’hui de pépites et attire les meilleurs joueurs africains.

Une nouvelle dimension qui a eu des répercutions sur l’organisation et le fonctionnement de l’équipe nationale. La moitié de l’effectif des Cœlacanthes présent au mondial est issue de la Gold League. Des jeunes pépites comme Amine Djumbamba (21 ans), Fefumu Abdallah (22 ans) ou Mohamed Mdjasiri (22 ans) pour ne citer qu’eux sont passés par les centres de formations du pays. La CAN 2031 fût un tournant pour les Comores avec une troisième place arrachée contre le Nigéria. L’équipe nationale est depuis en constante progression. Entrée dans le Top 50 au classement FIFA en 2034, finaliste de la CAN 2035 avant de décrocher une qualification historique pour la Coupe du Monde 2038.

La Coupe du Monde avant la CAN ?

Une première haute en couleurs pour les Cœlacanthes d’Ibrahim Karidudja. En poste depuis huit ans, le technicien de 51 ans ne se donne aucune limite. L’archipel n’est qu’à deux rencontres de rentrer dans l’histoire du football mondial. « Sortir d’un groupe assez difficile avec l’Italie et le Japon, passer ensuite devant l’Égypte, la France puis battre le Mexique en quarts de finale est juste incroyable. C’est plus qu’un conte de fées. Même dans nos rêves les plus fous, il n’y avait pas de place à ce scénario. Dès demain, on va entamer sereinement la préparation de la demi-finale en espérant aller au bout de nos rêves », a-t-il déclaré, ému aux larmes au coup de sifflet final.

Mais au bout du compte, quelle qu’en soit l’issue, les coéquipiers de l’immense Fahad Mrikau ont déjà marqué l’histoire. Un parcours exceptionnelle confortant la montée en puissance des Comores et récompensant également plusieurs années d’investissements dans le football. Ramèneront-ils la coupe à la maison ? En attendant, cette épopée aura néanmoins servie d’expérience grandeur nature avant la CAN 2041 à la maison (coorganisée avec Madagascar). Au niveau des infrastructures, le Ministre Mbapandza a annoncé que les travaux d’extension des stades de Maluzini, Fomboni et Domoni seront achevés avant fin de l’année. Que la fête continue !

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Fondateur et Rédacteur en chef de Comoros Football 269. Un passionné de football africain et un éternel fan de Young Africans (Yanga). Entre le Taarab qui l'inspire et d’être possédé au moindre lyrics d'un Igwadu, il demeure au moins un Makua de culture Swahili.

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